BEES - Hamzaoui 45100
  LA RECOLTE DU MIEL

L'enfumoir est le compagnon constant de l'apiculteur. Un enfumoir bien fait devrait durer plusieurs années si on en prend soin. Ne laissez pas le feu se consumer entièrement dans l'enfumoir. Videz-le quand vous avez fini de travailler, ce qui évitera d'endommager le foyer avec une chaleur excessive. (Faites attention de ne pas déclencher des incendies de taillis avec les cendres ardentes de l'enfumoir.) Aussi, ne laissez pas l'enfumoir exposé aux intempéries.

L'eau peut être utilisée avec la fumée pour essayer de contrôler les abeilles sur la défensive ou celles qui courent de façon excessive sur les rayons. Un vaporisateur convient le mieux, quoiqu'on puisse aussi utiliser un pistolet à eau ou un récipient à trous. Le but étant simplement de mouiller les abeilles non de les noyer.

Utilisez l'eau de la même façon que vous utilisez la fumée. Mouillez les abeilles à l'entrée avant d'ouvrir la ruche et mouillez les abeilles sur les rayons au fur et à mesure qu'elles sont exposées. L'eau refroidit les abeilles et les alourdit, ce qui les empêche de voler ou de sortir de la ruche.

 

LA RECOLTE DU MIEL




Comment faire un essaim artificiel
1) Faites une planche d'essaimage.
2) Trouvez la reine de la colonie et mettez-la en cage. Attachez la reine en cage au grillage de la planche d'essaimage.
3) Enlevez les rayons (soit sur les barres supérieures, soit sur les cadres) de la ruche, et secouez ou poussez toutes les abeilles des rayons dans la ruche. Gardez ces rayons de côté dans une boîte vide fermée.
4) Placez la planche d'essaimage avec la reine sur les abeilles relâchées. Au bout de quelques minutes, elles vont former un essaim autour de la reine.
5) Vous pouvez suspendre l'essaim pour le surveiller.
6) Pour remettre l'essaim dans la ruche, secouez-le au-dessus d'un chiffon ou d'un papier journal devant une ruche dans laquelle vous avez placé le rayon. Relâchez la reine à l'intérieur de la ruche.

Les abeilles et les hommes

 La destruction, le maintien et l'élevage des abeilles :
Perspective de développement

Le développement historique des relations abeille-homme comprend trois stades fondamentaux. Ce sont: la destruction, le maintien et l'élevage des abeilles. L'apiculture moderne représente le stade le plus perfectionné. Le stade le plus primitif, soit la destruction des abeilles, est encore très répandu dans certaines régions du monde.

Etapes de la relation abeille-homme

destruction des abeilles (abeilles tuées) maintien des abeilles (abeilles maintenues) apiculture (abeilles gérées)

La destruction des abeilles est la destruction d'une colonie dans le but de s'approprier les rayons contenant le miel et le couvain (stades larvaire et nymphale). Sans leurs magasins à miel ni leurs rayons à couvain, toutes les abeilles survivantes sont condamnées. Les chasseurs de miel regrettent en général d'avoir à tuer la colonie mais ils ne connaissent pas d'autres moyens de se procurer le miel ou la cire.

Les colonies d'abeilles sauvages sont répandues dans de nombreuses régions du monde, et la récolte du miel produit par ces colonies est une activité à laquelle se livrent parfois de nombreux fermiers locaux. Cela se produit surtout lorsque les arbres contenant les colonies d'abeilles ont été abattus lors d'une coupe de forêt ou d'un éclaircissage de brousse pour faire place à la culture. Les chasseurs de miel ou récoltants utilisent en général le feu pour tuer les abeilles. On les tient pour responsables de nombreux incendies de brousse dans certaines régions.

Le miel obtenu est utilisé pour la consommation domestique ou est vendu localement. C'est souvent un miel de piètre qualité car il renferme des morceaux de vieux rayons, de couvain et des cendres. Malgré cela, dans la plupart des régions, il y a un marché local tout prêt pour le miel. Dans certains endroits, le miel est fermenté ou bien seul ou avec du vin de palme pour donner une boisson alcoolique. Certains groupes utilisent aussi le miel comme médicament.

Le couvain est quelquefois mangé par les enfants et est considéré comme une friandise. Les 30 pourcent de protéines que contient le couvain améliorent leur régime alimentaire. Toutefois, comme que le couvain n'est disponible que lorsque des colonies sauvages sont rassemblées, il ne représente pas un facteur nutritif important.

La valeur de la cire est souvent méconnue dans les régions où l'on pratique la destruction des abeilles; elle est en général jetée ou utilisée comme combustible.

La destruction des abeilles ou la chasse au miel est une activité traditionnelle dans de nombreuses régions d'Afrique et d'Asie. Dans les autres régions du monde, pour la plupart, c'est une activité fortuite. On considère que le jeu n'en vaut pas la chandelle puisqu'il y a des méthodes plus faciles pour se procurer les produits de la ruche.

Pour la destruction des abeilles

Une variante de la destruction des abeilles est traditionnelle dans certaines régions de l'Afrique. On suspend aux arbres des pots en paille ou en terre pour attirer les colonies sauvages. Une fois que la colonie a passé suffisamment de temps dans le pot pour y construire ses magasins à miel, on abaisse le pot, on tue les abeilles et on s'empare des produits de la ruche.

Bien que les abeilles soient attirées par un pot fabriqué par les hommes, il s'agit toujours d'une activité de destruction des abeilles.

Le maintien des abeilles est un stade intermédiaire entre la destruction et l'élevage. Les abeilles vivent dans les parties creuses des troncs d'arbres, dans des pots en terre, des gourdes, des ruches faites d'écorce, ou des pots fabriqués avec un mélange de paille et de boue. Les rayons sont fixés aux pots ne nécessitant presque pas d'inspection et aucune manipulation (maniement) de la colonie. Les rayons contenant le miel sont enlevés régulièrement, et ceux qui contiennent le couvain sont laissés. La cire est appréciée à sa juste valeur et est utilisée localement ou vendue.

Les rayons

Dans ce cas, le fermier accorde sa protection à la colonie d'abeilles contre des récoltes régulières de miel et de cire. L'idée consiste à assurer le maintien de la colonie en vue de récoltes futures au lieu de l'anéantir pour en tirer une seule récolte.


Ruche en écorce
.
Pots en terre

La destruction et le maintien des abeilles se pratiquent sans une grande compréhension de la biologie de l'abeille. Il est assez fréquent de voir des fermiers qui possèdent un matériel relativement perfectionné leur permettant de manier leurs colonies, de pratiquer le maintien des abeilles. Cela est dû au fait qu'ils ne possèdent pas la formation nécessaire leur permettant d'utiliser leur matériel au maximum.

L'élevage des abeilles implique la manipulation d'une colonie d'abeilles; il est basé sur une certaine compréhension de l'abeille. Les pratiques concernant la gestion peuvent être relativement simples, technologies de base ou procédures assez compliquées, utilisant un matériel plus perfectionné. L'élevage peut être lucratif à n'importe quel niveau de technologie mais il faut que le niveau utilisé s'enclenche dans la réalité culturelle et économique locale.

Un large éventail de Matériel peut être utilisé pour l'apiculture


Ruche Langstroth
à cadres mobiles
.
KTBH
à rayons mobiles

Par rapport à la plupart des autres poursuites agricoles, l'apiculture "de technologie de pointe" est une technologie souple. Le matériel requis pour la réaliser peut être fabriqué au niveau local dans la plupart des parties du monde. Le facteur limitatif est le facteur humain de manque de connaissance qui empêcherait d'utiliser avec profit un matériel relativement coûteux.

"Le développement" devra être défini dans le cadre des réalités économiques et culturelles. L'observation de la relation abeille-homme au niveau local, que ce soit la destruction, le maintien ou l'élevage des abeilles, permet de mieux comprendre le contexte dans lequel tout effort de développement de l'apiculture doit être dirigé.

Ces stades de développement sont souvent discutés en tant que périodes distinctes. Toutefois, en réalité, comme tout développement, l'évolution de la relation abeille-homme est un continuum.

Un effort de développement bien dirigé devra savoir à quel endroit du continuum le programme cible démarre, et établir ainsi des objectifs réalistes en vue du "développement".

Pourquoi développer l'apiculture ?

L'apiculture est une activité qui s'accorde très bien avec le concept de développement agricole sur une petite échelle. C'est une entreprise qui nécessite un travail intense et qui peut être intégré facilement à des projets agricoles ou forestiers plus vastes. Les abeilles non seulement facilitent la pollinisation de certaines cultures utilisées dans ces projets mais elles font usage de ressources qui autrement resteraient inutilisées - le nectar et le pollen.

Puisque la relation abeille-homme existe déjà dans la plupart des régions du monde, l'objectif de tout effort de développement de l'apiculture est d'introduire des méthodes nouvelles et plus efficaces. La ressource apicole existe déjà; le but est de mieux utiliser cette ressource.

Toutes les composantes nécessaires à la réalisation de cette entreprise peuvent être fabriquées localement. Les enfumoirs, les vêtements de protection, les voiles et les ruches peut être fabriqués par les étameurs, les tailleurs, les menuisiers ou les vanniers locaux. Ainsi, un projet apicole peut procurer du travail et un revenu à ces gens.

Un projet apicole sur une petite échelle peut être rentable dès le départ. Après que le projet est mis sur pied et une certaine expérience est acquise, il est facile pour l'apiculteur d'augmenter le nombre de ses ruches. Pour faire cela, il n'est pas nécessaire de dépendre de ressources ou composantes extérieures. Les abeilles se nourrissent elles-mêmes à partir des ressources en nectar et en pollen présentes dans le secteur en butinant bien au-delà du territoire peu étendu sur lequel sont situées les ruches.

L'apiculture est une entreprise familiale. Bien que travailler avec des abeilles soit une activité facilement accomplie par des femmes, dans la plupart des milieux culturels, on considère généralement ce travail comme réservé aux hommes. Tandis que les hommes travaillent directement avec les abeilles, les femmes s'occupent souvent de préparer le miel pour le marché et aussi de sa commercialisation.

  Miel et abeille

Les petits fermiers considèrent en général le miel comme une récolte en espèces plutôt qu'un produit destiné à la consommation domestique. Le miel a une valeur en espèces élevée par rapport à son poids et son volume. S'il est correctement stocké, il est essentiellement une denrée non périssable. Il est facile et économique à transporter. Ces caractéristiques rendent sa récolte attirante pour les petits producteurs souvent isolés.

Tandis que dans la plupart des régions il y a un marché local tout prêt à recevoir le miel, cela n'est pas toujours vrai dans le cas de la cire d'abeilles. Il sera peut-être nécessaire de créer un marché pour la cire dans certains endroits.


Gâteau de cire

Gâteau de cire

La cire est un produit facile à stocker et non périssable. Elle est utilisée dans certaines régions par des artisans et des ouvriers -artisans tels que les fondeurs de métal (en général du laiton), les imprimeurs à la cire et les imprimeurs au batik sur toile, les tanneurs et les ouvriers qui travaillent le cuir, et les fabricants de bougies. On peut aussi utiliser facilement la cire pour fabriquer de l'encaustique.

Dans les régions du monde où l'industrie apicole est bien développée, il y a des marchés pour le pollen et la propolis (gomme que recueillent les abeilles et qui est utilisée dans la ruche). Ces produits bien que potentiels pour une entreprise apicole ne sont pas réalisables en début de projet. La production du pollen est relativement difficile et les débouchés locaux pour la commercialisation de ces produits ne sont pas nombreux dans la plupart des régions.

Un autre produit apicole sont les abeilles elles-mêmes. Une fois que l'élevage est établi, un marché des abeilles se développe. Certains apiculteurs peuvent fournir des abeilles à d'autres qui veulent commencer l'élevage.

Bien qu'il existe des marchés internationaux pour les produits apicoles tels que le miel et la cire, tout effort de développement devra d'abord viser les marchés locaux. Un projet qui démarre ne produit pas de quantités suffisantes pour être en mesure de rechercher un marché international.

Le développement d'un marché local pour les produits apicoles protègent les producteurs locaux contre les fluctuations des prix mondiaux, et fournit un marché accessible aux petits producteurs

Pollinisation des plantes

L'apiculture est une activité qui s'adapte bien à la philosophie du développement sur une petite échelle. Le développement de l'apiculture offre un vaste potentiel dans de nombreuses régions.

L'apiculture peut :

puce

fournir un supplément d'aliments non périssables à la population rurale ;

puce

donner des récoltes en espèces à la population rurale - miel et cire ;

puce

être un travail profitable quand le fermier n'est pas occupé à semer les cultures principales. créer du travail pour les artisans locaux qui fabriquent le matériel ;

puce

augmenter la production d'autres récoltes telles que l'arachide, le café, et les agrumes grâce à une meilleure pollinisation. La pollinisation par les insectes est primordiale pour de nombreuses plantes cultivées.

L'apiculture est une activité familiale qui offre les avantages suivants par rapport aux autres types d'agriculture :

puce

elle nécessite un investissement relativement peu élevé ;

puce

elle utilise peu de terres et la qualité de la terre n'est pas importante ;

puce

c'est une activité flexible qui peut être pratiquée par des personnes des deux sexes et à tout âge ;

puce

elle peut être poursuivie en tant qu'activité secondaire en utilisant une technologie primaire ou en tant qu'entreprise principale en ayant recours à des techniques plus compliquées ;

puce

l'apiculture ne concurrence pas avec les autres types d'agriculture pour s'accaparer les ressources - le nectar et le pollen des plantes sont une véritable prime.

 

Planification du projet

Le premier stade de la planification d'un projet apicole consiste à se familiariser avec la relation abeille-homme dans votre région. Parlez avec les gens qui s'occupent des abeilles dans votre secteur. Accompagnez-les dans leur travail.

Si vous n'avez aucune expérience apicole, il vous sera possible de beaucoup apprendre en travaillant avec les destructeurs d'abeilles, ceux qui s'occupent de leur maintien, ou les apiculteurs locaux. En apprenant comment ils travaillent, vous pouvez faire des suggestions quant à l'amélioration avec plus de crédibilité, et il vous sera plus facile d'adapter une technologie apicole appropriée à la région.

Aussi, avant de vous engager dans l'élevage des abeilles, vous devriez faire l'expérience de leurs piqûres. Les piqûres d'abeilles font partie intégrale de l'apiculture. Un apiculteur doit pouvoir y faire face.

Une fois que vous êtes familiarisé avec la relation abeille-homme locale, il faudra formuler des idées pour introduire des méthodes améliorées. Avec qui travailler? Quel matériel utiliser? Où commercialiser les produits de la ruche?

Si vous n'avez aucune expérience des abeilles, il vous serait préférable de travailler avec juste un ou deux individus de la région. En choisissant des fermiers qui sont respectés par leurs pairs et qui ont de bonnes relations au sein de la communauté, vos efforts seront multipliés. En faisant l'élevage vous-même et en utilisant des méthodes différentes de celles utilisées dans la région, vous faites un pas dans la bonne direction. La nouvelle se répandra, et tôt ou tard vous serez en train de discuter apiculture avec vos amis et voisins.

Commencez toujours l'élevage avec au moins deux ruches. Cela vous donne la possibilité de comparer les progrès entre un certain nombre de ruches, et ce qui est plus important, cela vous permettra de continuer le projet au cas où une colonie viendrait à disparaître. Aussi l'accent devra être mis sur l'utilisation d'un rucher moderne plutôt que sur des ruches individuelles.

Lors de la planification du projet, fixez des buts réalistes. Un petit projet couronné de succès est plus significatif qu'une tentative de grand projet vouée à l'échec.

Le changement est lent. Il doit démarrer avec une idée. La présentation avec succès d'une idée est une probabilité réaliste pour introduire des méthodes améliorées dans la relation abeille-homme de certaines régions.

Le matériel à utiliser dans un projet dépend de la situation locale. Il vous faudra évaluer la disponibilité des composantes nécessaires ainsi que l'aide technique disponible lors du choix du type ou des types de matériel appropriés pour la ruche.

Identifier les gens de la région susceptibles de fabriquer le matériel apicole et le faire faire représente un succès en lui-même. Il faut énormément de patience pour rassembler tout le matériel.

Des points de vente locaux existent pour les produits de la ruche dans la plupart des régions. Vérifiez auprès des gens qui utilisent déjà le miel ou la cire. Souvent, ils souhaitent ardemment avoir un approvisionnement régulier de bonne qualité. Si les boulangers et confiseurs locaux n'utilisent pas encore de miel, ils représentent un marché potentiel. Vérifiez également auprès de ceux qui approvisionnent peut-être des marchés potentiels pour la cire.

L'apiculture en tant qu'activité intégrée

L'apiculture est une activité qui s'enclenche bien dans les autres activités agricoles et les projets de développement ruraux. Les projets de développement régionaux offrent aussi d'autres possibilités pour la mise en oeuvre d'entreprises apicoles.

Certaines cultures semées lors de tels projets peuvent rapporter du miel à l'apiculteur tout en bénéficiant des activités de pollinisation des abeilles. L'apiculture peut s'avérer être une source de revenus supplémentaires pour les petits exploitants qui sèment leurs cultures ou qui ont leurs abeilles à proximité.

Les cultures suivantes sont reconnues comme bénéficiant de la pollinisation par les insectes. Celles marquées d'une astérisque sont aussi de bonnes sources de nectar pour les mouches à miel.

puce henequen
puce agave
puce abrasin
puce noix d'acajou
puce thé
puce pagaye*
puce noix de coco*
puce café*
puce courges
puce potiron
puce concombre
puce huile de palme*
puce litchi
puce agrumes*
puce pommes*
puce avocat
puce trèfle*
puce melons
puce pastèques
puce pêches
puce mûres
puce sésame
puce tournesols*
puce soja (certaines variétés)*
puce luzerne

Les plantes bénéficient de la pollinisation par les insectes qui facilite l'ensemencement. Cela a pour conséquence une augmentation de la production de graines et donne des fruits de meilleure qualité. Les mouches à miel ont une action bénéfique en tant que transporteurs de pollen dans les régions où les insectes pollinisateurs naturels sont absents ou en nombre insuffisant pour assurer la pollinisation de vastes régions consacrées à une seule culture. (Rappelez-vous, cependant, que les abeilles ne sont pas attirées par toutes les cultures.)

(Pour de plus amples renseignements sur la pollinisation et l'attirance des abeilles pour des cultures spécifiques, voir appendice A.)

Les exploitants forestiers s'intéressent souvent à l'apiculture. L'élevage des abeilles est une entreprise qui rapporte un revenu basé sur la ressource forestière sans toutefois la détruire. Une personne dont les revenus proviennent de l'apiculture devient rapidement l'avocat de la protection forestière. L'apiculture diminue aussi les risques d'incendies de brousse provoqués par les chasseurs de miel lorsqu'ils brûlent les colonies d'abeilles sauvages.

Des espèces d'arbres utilisées lors des efforts de reboisement des forêts et qui sont aussi un excellent fourrage pour les abeilles peuvent jouer un rôle important dans l'industrie apicole. L'apiculture fait partie de l'utilisation des ressources forestières à usages multiples.

L'apiculture est une activité intégrée

 

Les arbres suivants qui sont utilisés pour d'autres usages tels que le bois de chauffage, les rideaux protecteurs, ou les stores secrètent suffisamment de nectar pour produire des rendements de miel dans certaines régions. Du fait que la sécrétion de nectar soit liée à différents facteurs (climat, temps et sol), un arbre pourra ne pas être un gros producteur de nectar lorsqu'il est introduit dans une nouvelle région. Vérifiez si l'espèce botanique donne un bon rendement de nectar dans des conditions semblables à celles dans lesquelles l'arbre grandira, avant d'en conseiller l'utilisation comme source de nectar pour les abeilles.

puce Acacia spp.
puce Albizia lebbek
puce Avicennia spp.
puce Calliandra calothyrus
puce Eucalyptus camaldulensis
puce Eucalyptus citriodora
puce Eucalyptus globulus
puce Gliricidia septum
puce Grevillea robusta
puce Guazuma ulmifolia
puce Inga vera
puce Pithecellobium dulce
puce Prosopis juliflora
puce Rhizophora spp.
puce Syzygium cumini

    (Pour de plus amples renseignements sur la plantation d'arbres, voir le programme PC et la revue de formation Manuel série numéro 5, "Reforestation in Arid Lands." Vous pouvez vous le procurer auprès du PC "Office of Information Collection and Exchange." ou Manuel série numéro 5A, "Reboisement des Terres Arides.")

    L'apiculture en tant qu'activité éducative

    Les centres de formation professionnelle et agricole et les instituts de formation d'enseignants ruraux sont d'excellents endroits pour monter des projets d'exploitation apicole. Les stagiaires peuvent avoir un effet multiplicateur dans l'introduction de l'apiculture au niveau du village et les centres eux-mêmes servent d'excellents lieux de démonstration.

    L'apiculture est aussi une bonne école ou un projet de groupe de jeunes. Les étudiants et membres des groupes de jeunes sont les fermiers de l'avenir. Ils sont réceptifs aux idées et méthodes nouvelles et peuvent aider à les transmettre à leurs parents.

    Un rucher de démonstration dans une école non seulement fournit une bonne occasion d'instruire, mais aussi peut rapporter des revenus.

    ("Lessons plans for Beekeeping" séries réimprimées PC numéro R32 disponibles auprès du PC "Office of Information Collection and Exchange", est utile aux enseignants.)

    Les expositions sur les abeilles, le matériel et les produits de la ruche dans les foires régionales et les réunions servent aussi à la promotion de l'apiculture et des ventes de miel. Des démonstrations faites avec des colonies peuvent aussi aider à combattre la peur très répandue des abeilles. Une démonstration qui attire particulièrement l'attention consiste à fabriquer un essaim d'abeilles artificiel et ensuite le recueillir dans une ruche. (Appendix E).

    Une ruche d'observation à parois coulissantes en verre peut provoquer un grand enthousiasme pour les abeilles. Cela permet d'étudier les abeilles se livrant à leurs différentes activités dans la ruche et de ce fait cela s'avère être un instrument éducatif important. Comme une si petite ruche nécessite souvent une attention et des soins particuliers, cela permet d'enseigner les besoins et les pratiques de gestion de la colonie. (Voir appendix B pour les plans d'une ruche d'observation).

    Une ruche d'observation

     

    L'apiculture en tant qu'activité de coopératives

     

    L'apiculture fonctionne bien aussi dans les coopératives. De nombreuses coopératives ont des projets apicoles qui font partie de leurs activités. Dans certaines coopératives, l'apiculture est la seule activité. Ces coopératives fournissent les composantes requises, l'accès à l'aide technique, et les marchés pour le miel et la cire. Dans certains cas, les coopératives apicoles ont remporté un vif succès.

    (Pour plus amples renseignements sur l'organisation et le fonctionnement des coopératives, voir "PC Information Collection and Exchange Resource Packet P--5 Cooperatives, and Reprint R-14, Guidelines for Development of a Home Industry".)

    Les fonds nécessaires aux projets apicoles peuvent être trouvés auprès des types d'institutions mentionnés ci-dessus. De nombreuses missions ou agences donatrices privées engagées dans des projets agricoles de petite envergure s'intéressent souvent à l'apiculture.

    L'enregistrement de votre expérience -vos succès et vos échecs - lors de l'établissement des projets apicoles est important pour les autres qui peut-être voudront entreprendre le même genre de projets. Un rapport de projet que vous laisserez derrière vous quand vous partirez servira à encourager davantage le développement de l'apiculture. Votre rapport devra inclure les sources d'où proviennent les abeilles et le matériel ainsi que toutes les informations concernant ceux qui dans la région s'occupent d'apiculture.

    Les informations que vous recueillez sur l'apiculture dans votre secteur sont précieuses. Le temps passé à rédiger votre rapport permettra à vos renseignements de continuer à être utiles.

     

     

    Connaissances de base sur les abeilles

    Types d'abeilles

    Il y a de nombreux types d'abeilles différentes. La plupart des abeilles sont solitaires, mais certaines vivent en société. Celles-ci vivent ensemble en colonies et le travail est réparti entre les individus.

    L'habitude qu'ont les abeilles d'aller de fleur en fleur font des abeilles des agents de pollinisation importants. Toutes les abeilles recueillent le nectar et le pollen des fleurs, mais seulement quelques-unes parmi les abeilles sociales stockent le nectar sous forme de miel. Parmi celles qui stockent du miel, il y a encore moins d'espèces qui le stockent en quantité suffisante pour que l'effort de récolter le miel en vaille la peine.

    Bien que certaines abeilles "sans dard" soient volées de leur miel dans les régions tropicales, les abeilles du genre Apis, les véritables mouches à miel, sont les principales productrices de miel et d'autres produits de la ruche. Apis mellifera,, l'abeille domestique occidentale, a été introduite dans la plupart des régions du monde pour l'apiculture.

    Abeilles sans dard

    Dans les régions tropicales, certaines espèces d'abeilles sans dard - notamment les Trigones et les Mélipones - sont dérobées de leur miel. Toutes ces abeilles construisent leurs nids dans des cavités. Bien que ces abeilles ne piquent pas, elles défendent leur colonie en mordant l'intrus. Certaines sécrètent des substances irritantes avec leur morsure.

    Pots de miel de Mélipones

    Le rayon à couvain des abeilles sans dard se compose d'une alvéole épaisse et en général horizontale. Ces abeilles stockent le miel dans des pots en cire de la taille d'un dé à coudre disposés autour du lieu de ponte du nid. Dans certaines régions, ces abeilles sans dard vivent dans des gourdes, des pots en terre, ou des bûches creuses. On récolte le miel en ouvrant la cavité du nid et en enlevant les pots de miel. Le rapport est peu élevé et la vente n'est valable qu'au niveau local. Un tel miel est souvent fort apprécié localement comme médicament.

    Les mayas d'Amérique centrale ont mis au point un système permettant de garder une espèce de Mélipones dans des ruches en bois. Le miel jouait un rôle important dans leurs fêtes religieuses, et ils organisaient des cérémonies et des festivals spéciaux pour s'assurer de bonnes récoltes de miel. C'est le seul cas au monde où une culture d'abeilles se soit développée à partir d'une espèce d'abeille autre que l'Apis Une telle culture de Mélipones survit encore dans des régions d'Amérique centrale. Le rapport maximum avec ces abeilles est de 10-12 kg/an.

    Symbole de l'abeille maya

    Du fait que les abeilles sans dard utilisent un type de structure différent pour le stockage du miel et le couvain, l'amélioration des méthodes utilisées pour garder ces abeilles est limitée quant à son efficacité à augmenter la production. Si l'on ajoute à cela des rapports faibles, l'élevage de ces abeilles n'est économiquement valable que pour la consommation domestique.

    Apis : La véritable mouche à miel

    Le genre Apis comprend quatre espèces -- trois sont originaires d'Asie et l'autre de la région euro-africaine. Elles sont toutes semblables en apparence, quoique leur couleur et leur taille varient. Elles construisent toutes des rayons verticaux qui ont deux alvéoles d'épaisseur.

    Vue latérale de la section d'un rayon

     

    La mouche à miel géante ou abeille de rocher (Apis dorsata) et la petite mouche à miel (A. florea) se trouvent en Asie. Ces deux espèces construisent un nid exposé composé d'un seul rayon. On voit souvent les nids qui pendent des branches des arbres, des toits, ou des plafonds. Les abeilles adultes sont suspendues en rideaux autour du nid pour contrôler les conditions de celui-ci. Les rayons à couvain et à miel sont dans le même rayon - le couvain dans la partie inférieure et le miel dans la partie supérieure.

    Dans certaines régions on a trouvé un moyen permettant d'enlever du rayon la partie réservée au miel et de rattacher la partie couvain; c'est ainsi que l'on pratique le maintien des abeilles avec ces espèces. Les rapports sont souvent suffisamment élevés (en particulier avec l'A. dorsata ) pour que l'effort en vaille la peine pour le fermier.

    On ne connaît pas de meilleurs méthodes apicoles que celle qui sont pratiquées actuellement avec ces abeilles. Le comportement de ces deux espèces est imprévisible, et elles ne veulent pas vivre à l'intérieur d'une ruche. La mouche à miel géante est particulièrement sur la défensive dans son nid. De ce fait, le potentiel de développement dans le maniement de ces espèces est limité, quoiqu'il y ait souvent la possibilité d'améliorer la qualité du miel en prenant plus de précaution au moment de la manipulation.

    Deux autres espèces d'Apis (mellifera et cerana) construisent normalement des nids à rayons multiples dans des cavités fermées. Ces abeilles peuvent être gardées dans des ruches et on a trouvé des méthodes permettant une utilisation plus rationnelle de leur potentiel. C'est avec ces deux espèces que le potentiel de développement de l'apiculture réside.

    Traits souhaitables chez les abeilles pour l'apiculture :

    puce Production de miel élevée
    puce Douceur
    puce Faible tendance à essaimer
    puce Faible tendance à la désertion
    puce Calme dans les rayons quand la colonie est manipulée
    puce Résistance aux maladies
    puce Faible utilisation de la propolis
    puce Peu d'élevage de couvain pendant les périodes de disette pour conserver les réserves

    L'abeille domestique occidentale (Apis mellifera) est originaire de l'Asie de l'ouest, d'Europe et d'Afrique. Elle présente d'énormes variations à travers les territoires qu'elle couvre et on reconnaît au moins vingt sous-espèces différentes ou "variétés" divisées dans les grandes lignes en groupes européens et africains. Plusieurs de ces variétés sont considérées particulièrement désirables pour l'apiculture.

    Les variétés européennes de l'abeille domestique occidentale ont été introduites dans la plupart des parties du monde, y compris les Amériques, l'Australie, et l'Asie. Cette abeille a été étudiée intensément à la fois du point de vue strictement biologique et de l'élevage. Dans de bonnes conditions, les variétés souhaitables construisent de vastes colonies et produisent des excédents importants de miel. Des rapports de 100 kg/an ou mieux sont réalisables dans des conditions optimales.

    La mouche à miel occidentale offre un énorme potentiel pour le développement de l'apiculture. En plus des récoltes de miel élevées, sa capacité à survivre dans les conditions les plus varices et sa disponibilité due aux introductions antérieures ou aux populations d'origine, sont des caractéristiques qui ont rendu cette abeille recherchée en l'apiculture. C'est également pour ces raisons que ce manuel est concentré sur l'abeille domestique occidentale.

    L'abeille domestique orientale ou indienne (Apis cerana, anciennement Apis indica) est originaire d'Asie. L'apiculture a été développée avec cette abeille dans différentes régions d'Asie, car elle est facile à mettre en ruche dans des pots fabriqués par l'homme. Les récoltes de miel s'élèvent jusqu'à 15 - 20 kg/an dans certaines régions, mais la moyenne est nettement inférieure.

    L'abeille domestique orientale varie énormément à travers son territoire et peu de choses ont été réalisées en vue de sélectionner des races plus désirables du point de vue de l'apiculture. Les techniques utilisées avec cette abeille sont semblables à celles utilisées avec l'abeille domestique occidentale, quoique les ruches utilisées soient plus petites.

    Le développement de l'apiculture sur une petite échelle, en utilisant l'abeille domestique orientale, mérite l'attention dans son pays d'origine. Quoique les récoltes soient considérablement inférieures à celles de l'abeille domestique occidentale, elle a l'avantage de bien s'adapter à la région. Elle est plus résistante à certaines des maladies et des parasites de la région. Donc, elle est davantage capable de survivre dans des conditions de maniement minimales qui souvent caractérisent l'apiculture au niveau du petit exploitant.

    Ces dernières années, un effort a été entrepris en Asie pour remplacer l'abeille orientale par des races européennes de l'abeille occidentale. Cela a eu du succès uniquement dans les régions tempérées et seulement dans le cas d'opérations de grande envergure nécessitant un capital important, où la technologie est disponible pour contrôler les maladies et les parasites des variétés européennes. Pour un effort de développement de petite envergure, considérez les conditions probables d'élevage dans le choix d'une espèce.

    Dans tout effort de développement sur une petite échelle, il faut utiliser la ressource apicole existante. L'importation d'abeilles pour un tel projet est beaucoup trop risquée pour en valoir la peine.

    L'importation d'abeilles est souvent chargée de problèmes. L'importation d'abeilles pour un projet de petite envergure rend souvent les gens dépendants de la source extérieure. Ils ne se rendent pas comptent qu'il y a une ressource apicole disponible localement pas plus qu'ils ne sont motivés pour l'utiliser.

    Les abeilles importées ne sont pas adaptées aux régions dans lesquelles elles sont introduites. Ceci est particulièrement vrai pour les introductions de races européennes des régions tempérées dans les régions tropicales.

    L'importation d'abeilles risque aussi d'introduire des maladies apicoles exotiques et des parasites. Des exemples tragiques de cela se sont produits ces dernières années en Europe et en Amérique du sud avec l'introduction de la Varroa, une bactérie parasite de la mouche à miel.

    Le problème le plus notable de l'importation d'abeilles non contrôlée est survenu au Brésil en 1956. L'industrie apicole à base d'espèces européennes de l'abeille occidentale était solidement ancrée dans de nombreuses régions tempérées d'Amérique du sud. Des abeilles africaines furent importées au Brésil pour tenter d'établir une industrie dans certaines des régions plus tropicales. Certaines de ces abeilles se sont échappées par accident et se sont établies. Elles ont continué à étendre leur territoire dans les basses terres tropicales, et dans la plupart des cas elles ont en fait supplanté les abeilles européennes existantes.

    L'établissement d'abeilles africaines en Amérique tropicale a provoqué un grand éclatement au sein de l'industrie de l'apiculture. L'abeille africaine est reconnue pour son côté agressif et imprévisible. Ce sont des caractéristiques considérées comme non souhaitables du point de vue de l'apiculteur. Dans certains cas des personnes et des animaux de ferme qui se trouvaient à proximité ont été mortellement piqués. Il a été difficile pour les apiculteurs de s'adapter au nombre sans cesse croissant de piqûres accidentelles et au maniement difficile de cette abeille. Il est généralement nécessaire de déplacer les ruches loin des régions habitées quand les abeilles deviennent "africanisées" par croisement avec des colonies sauvages.

    D'autre part, l'abeille africaine s'accommode souvent mieux à une apiculture nécessitant moins de manipulation que l'abeille européenne. Les petits exploitants qui veulent se lancer dans l'apiculture ont une source d'abeilles peu coûteuse en utilisant les colonies sauvages de l'abeille africaine. De telles colonies sont courantes dans les régions où on la trouve, du fait que l'abeille africaine soit adaptée pour vivre dans les régions tropicales. (Voir appendice A: Ressource sur la nature de l'apiculture avec l'abeille africaine.)

    Le climat et l'apiculture

    Pour comprendre la relation qui existe entre le climat et l'apiculture, il est utile de comprendre d'abord deux concepts liés aux abeilles et à leur environnement. Ce sont la production de nectar et la production de miel. Quoique les apiculteurs en parlent comme de la même chose, elles sont différentes quoique de concepts semblables.

    La production de nectar est totalement une fonction des plantes. Elle se rapporte à la fois à la quantité et à la qualité (teneur des sucres dissous), du nectar sécrété par la plante. La production de nectar d'une région à un moment donné dépend des variétés de plantes présentes et des facteurs météorologiques qui affectent ces plantes. Les facteurs climatiques et édaphiques (sol) déterminent la flore d'une région et donc la production potentielle de nectar. Les précipitations atmosphériques, la température et l'ensoleillement affectent les plantes et donc déterminent la production réelle de nectar.

    Certaines variétés de plante secrètent très peu ou pas du tout de nectar, alors que d'autres en secrètent d'énormes quantités. La qualité, ou teneur en sucre, du nectar varie selon les différentes variétés de plantes. Le temps aussi affecte la qualité. Des précipitations élevées provoquent la sécrétion de nectar, mais un tel nectar a souvent une faible teneur en sucre.

    Pour la plupart des variétés de plantes, les conditions provoquant une production de nectar optimum sont des précipitations adéquates avant la floraison et un temps sec et ensoleillé pendant la période de floraison. L'occurrence et la quantité relative de périodes pluvieuses, sèches et ensoleillées varient d'une année sur l'autre; donc le flux de nectar peut subir des variations importantes. Certaines variétés de plantes sont moins affectées que d'autres par les schémas météorologiques. On peut compter sur ces plantes pour fournir une bonne production de nectar chaque année. D'autres plantes sont très sensibles aux schémas météorologiques. Elles peuvent donner une excellente production certaines années et rien du tout les autres années.

     

    Relation entre temps et miel

    La production de miel est une fonction de la relation abeille-plante. C'est l'utilisation de la production de nectar par la colonie d'abeilles. Tandis que l'apiculteur ne peut guère affecter la production de nectar, un bon maniement de la colonie est important pour assurer une bonne production de miel. Il est nécessaire d'avoir de fortes colonies au moment de la production maximum du nectar pour porter la miellée à son maximum.

    Les conditions météorologiques sont aussi un facteur agissant sur la miellée. De bonnes conditions météorologiques de vol pour les butineuses lors d'une bonne production de nectar est nécessaire pour obtenir une bonne production de miel. 

    Les régions optimales dans le monde en tant que production potentielle de miel sont les régions de forêts feuillues des tropiques humides/secs. De telles régions ont une longue saison sèche qui permet aux colonies d' abeilles d'affermir leurs forces pour atteindre l'apogée de leur population et tirer avantage de la production de nectar maximum. La flore de ces régions est particulièrement riche en plantes mellifères (qui attirent les abeilles). La période sèche et ensoleillée qui suit la saison des pluies favorise un bonne production de nectar et apporte un temps idéal pour butiner. Ces régions peuvent accommoder de grandes ruches contenant jusqu'à 100 colonies avec des récoltes maximum s'élevant jusqu'à 150 kg/colonie/an.

    Les régions au climat continuellement frais, nuageux ou pluvieux ne sont pas propices à l'apiculture. Le nectar y est généralement de pauvre qualité et les abeilles ne bénéficient pas de suffisamment de beau temps pour butiner dans ces régions. Bien sûr les grandes régions désertiques sont complètement exclues pour la pratique d'une exploitation apicole permanente, même s'il existe de bons pâturages à abeilles dans ces régions pendant de courtes périodes de l'année.

    Toutes les plantes n'attirent pas les abeilles. La flore mellifère varie énormément d'une zone climatique importante à l'autre. Les facteurs naturels affectent l'environnement et parfois les gens peuvent changer l'aptitude à l'apiculture d'une région par leurs schémas d'utilisation des terres ou leurs pratiques agricoles. En abattant de larges secteurs de fourrage propices aux abeilles et en les affectant à la monoculture, il est possible de détruire une bonne région apicole si les cultures introduites ne sont pas une bonne ressource pour les abeilles.

    Vice-versa, on peut améliorer le pâturage à abeilles d'un secteur en remplaçant les plantes mellifères marginales par des plantes bonnes productrices de pollen-nectar. Il est rarement possible économiquement d'entreprendre des plantations importantes uniquement dans le but d'améliorer le pâturage à abeilles, quoique le pâturage à abeilles d'un secteur puisse être amélioré en sélectionnant de bonnes plantes mellifères pour d'autres usages primaires tels que le reboisement, les brise-vent, les récoltes de couverture, les récoltes de bois à brûler, ou le fourrage pour le bétail.

    L'élevage peut être pratiqué de façon rentable dans une vaste gamme de conditions de production de nectar et de miel. Ces conditions s'évaluent davantage en déterminant la taille et le type d'une opération apicole rentable plutôt qu'en déterminant la rentabilité. Il y a de nombreuses régions qui ne seraient pas pratiques pour une exploitation apicole de grande envergure mais qui conviendraient très bien à un projet sur une petite échelle.

    La planification d'un projet apicole de petite envergure ne devra pas accorder trop d'importance à la flore apicole. Le but de la plupart de ces projets est d'introduire des méthodes améliorées dans une relation abeille-homme déjà existante. Si la relation abeille-homme existe déjà et les abeilles produisent du miel, il est beaucoup plus pratique de supposer l'existence d'un pâturage à abeilles. Lors du démarrage d'un projet apicole de petite envergure, cela s'avère être une perte de ressources de mettre l'accent sur l'étude de la flore apicole de la région.

    L'identification de la flore apicole fait partie intégrale de la connaissance de l'apiculteur qui s'acquiert avec l'expérience. Une étude spéciale n'est pas nécessaire. On l'apprendra quand il y aura des apiculteurs pour l'observer. La première étape est de former des apiculteurs.

    Le cycle de vie de la mouche à miel

    La mouche à miel est un insecte à métamorphose complète. Cela signifie qu'il y a quatre stades distincts dans son cycle de vie - l'oeuf, la larve, la nymphe, et l'adulte.

    Le cycle de vie pour l'abeille

    Oeuf et larve
    Chrysalide
    Adulte

    Les trois premiers stades se développent à l'intérieur des alvéoles, dans les rayons et reçoivent collectivement le nom de couvain. Les oeufs et les larves sont dans des alvéoles non fermées et sont soignés par les ouvrières adultes. Ces trois stades s'appellent le couvain ouvert ou non operculé.

    Après l'éclosion des oeufs, les ouvrières nourrissent continuellement la larve qui se développe. Quand la larve approche de la fin de sa période larvaire, elle engloutit la nourriture apportée par les ouvrières, et celles-ci scellent l'alvéole. C'est le couvain operculé ou scellé.

    Une fois que l'alvéole est operculée, la larve se transforme en nymphe. Elle ne se nourrit pas durant cette période. La nymphe se transforme en adulte qui émerge toute seule de l'alvéole.

    Transformation

    Oeufs
    Larves
    Chrysalides
    (opercules enlevés)

    Les castes

    L'abeille est un insecte social avec trois différents types d'individus ou castes dans la colonie - les reines, les faux-bourdons et les ouvrières. Chaque caste assume une fonction qui lui est propre dans la colonie. La reine et les ouvrières sont des femelles, les faux-bourdons sont des mâles.

    Chaque caste a une période de développement différente et est élevée dans un type d'alvéole distinct. La période de développement d'une reine, 16 jours, est la plus courte. Elle est élevée dans une alvéole royale construite spécialement, la cellule de la reine. Les cellules de reine ressemblent à des cosses de cacahuètes suspendues à la surface du rayon. On les trouve le long des rayons ou dans la région de ceux-ci. La colonie construit des cellules de reine quand il est nécessaire d'élever des reines, quoique parfois la construction commence et est abandonnée. C'est ce qu'on appelle de faux calices de reine.

    La larve royale en développement est toujours entourée de gelée royale, une nourriture extrêmement nutritive produite par les glandes de la tête des ouvrières. Ce schéma d'alimentation appelé alimentation en masse est particulier à la reine et se poursuit pendant toute la période de son développement.

    Toutes les jeunes larves de moins de deux jours sont nourries à la gelée royale selon le schéma d'alimentation en masse. Au bout du deuxième jour, les larves d'ouvrières passent à un schéma d'alimentation progressive et sont nourries d'un mélange de gelée royale, de miel et de pollen. Avec l'alimentation progressive, les larves sont nourries régulièrement, quoique la nourriture ne soit pas toujours disponible. Les différents schémas d'alimentation déterminent la caste de l'abeille adulte. Donc, n'importe quel oeuf femelle ou larve de moins de deux jours peut potentiellement devenir reine ou ouvrière.


    Alvéole de la reine
    Les ouvrières sont élevées dans le même type d'alvéoles que celles utilisées pour le stockage du pollen et du miel. Ce type d'alvéole compose la majorité des rayons de la colonie.
    La taille des alvéoles d'un rayon d'ouvrières construit de façon naturelle (c'est à dire sans feuille de cire gaufrée) est utile pour différencier les espèces et certaines variétés d'Apis gardées couramment dans des ruches. La distance recouvrant dix cellules de rayons construites par l'abeille domestique orientale (A. cerana) aux Philippines est en moyenne de 4,1 cm, et en Inde du sud, la distance est de 4,3-4,4 cm. Les variétés africaines de l'abeille domestique occidentale construisent des rayons dont les dimensions sont de 4,7-4,9 cm recouvrant dix alvéoles, tandis que la distance est de 5,2-5,6 cm pour les rayons construits par les variétés européennes courantes.
    Le rayon

    Les faux bourdons, les mâles de la colonie, sont produits à partir d'oeufs non fécondes. (La reine peut contrôler la fécondation de l'oeuf ou son absence de fécondation au moment de la ponte).

    Le corps du faux-bourdon est plus gros que celui de l'ouvrière ou de la reine. Les yeux sont plus grands et couvrent pratiquement toute la tête. L'extrémité est de forme arrondie et recouverte d'une touffe de petits poils.

    Les faux-bourdons ne peuvent pas piquer. Le dard étant une structure modifiée de l'appareil génital femelle, les mâles n'en ont pas. Ils ne possèdent aucune des structures nécessaires à la récolte du nectar et du pollen.

    Une puissante colonie peut avoir environ 300 mâles. Mais durant les périodes où les ressources sont rares, les ouvrières chassent les mâles de la colonie. Ils meurent car ils ne peuvent pas se débrouiller tous seuls.

    La seule fonction des mâles est de féconder la reine. L'accouplement des abeilles a lieu dans les airs loin de la colonie. Quand le temps est beau, les faux-bourdons adultes quittent la colonie l'après-midi et se réunissent dans certains secteurs où ils attendent que les reines vierges passent.

    Les faux-bourdons retournent parfois dans les colonies qui ont une reine vierge. De telles colonies acceptent les mâles des autres colonies et tolèrent une population mâle importante tant que la reine est vierge. Toutefois, après l'accouplement de la reine, les ouvrières chassent beaucoup de mâles de la colonie.

    Les ouvrières sont des femelles qui ne sont pas complètement développées sexuellement. Elles assument le travail de la colonie et la maintiennent en bonne condition. Les ouvrières possèdent des structures et des organes spéciaux associés aux travaux qu'elles fournissent.

    au organe emplacement fonction

    glandes de la tête

    haut de la tête

    produit la nourriture pour le couvain et la gelé royale

    glandes cirières

    sous l'abdomen

    produit la cire

    glandes odorifères

    près de l'extrémité supérieure de l'abdomen

    dégage une odeur pour orienter les abeilles quand la colonie est perturbée

    le dard et les glandes associées

    extrémité de l'abdomen

    défend la colonie

    langue

    tête

    récolte le nectar

    jabot

    partie élargie de l'œsophage

    transporte le nectar et l'eau

    la brosse à pollen, la presse à pollen, et la corbeille à pollen

    pattes postérieures

    brosse le pollen du corps, le presse en pelotes et le ramène à la ruche. Aussi utilisée pour ramener à la ruche. Aussi utilisée pour ramener la propolis

    Les tâches remplies par les ouvrières changent avec l'âge. Ceci correspond au développement physiologique de plusieurs glandes. Toutefois ce plan n'est pas établi de façon absolue; les ouvrières peuvent changer de tâches pour s'adapter aux besoins de la colonie.

    nombre de jours après émersion

    taches

    1-2

    nettoient les alvéoles et chauffent le nid

    3-5

    nourrissent les larves plus âgées avec du miel et du pollen

    6-10

    nourrissent les larves plus jeunes avec les produits des glandes de la tète

    11-18

    affinent le nectar, produisent la cire et construisent les rayons

    19-21

    gardent et ventilent la ruche, font des exercices et des vols d'orientation pour apprendre à voler et situer la ruche

    22+

    butinent le nectar, le pollen, l'eau ou la propolis

    L'espérance de vie d'ouvrières adultes varie énormément avec la période de l'année. Pendant les périodes où la colonie est relativement inactive (périodes de disette), les ouvrières peuvent vivre trois mois ou plus, mais lorsque la colonie est active, très peu d'ouvrières dépassent six semaines. Durant ces périodes d'activité, environ trois semaines sont passées en tant qu'abeilles de ruche et le reste du temps en tant que butineuses. L'espérance de vie des ouvrières des variétés tropicales de l'abeille domestique occidentale et de l'abeille domestique orientale est encore plus courte.

    Quand une colonie perd sa reine et quand il n'y a pas de jeunes larves ou d'oeufs femelles à partir desquels on élève une nouvelle reine, des ouvrières pondeuses peuvent se développer. Les ovaires de certaines ouvrières de la colonie se développent en l'absence de substance royale, et les ouvrières commencent à pondre. Puisque les ouvrières n'ont pas la structure corporelle ni le comportement nécessaires à la fécondation, tous les oeufs ne sont pas fécondés et donnent des faux-bourdons.

    On soupçonne la présence d'ouvrières pondeuses dans une colonie s'il y a un nombre excessif de faux-bourdons. Un examen minutieux des rayons à couvain peut en apporter la preuve. Les alvéoles des ouvrières qui contiennent le couvain mâle (c'est à dire les alvéoles fermées d'un opercule en forme de dôme) et les alvéoles qui contiennent un nombre d'oeufs de tailles différentes pondus au hasard, confirment la présence d'ouvrières pondeuses. Une bonne reine pond un seul oeuf par alvéole placé au centre de la base de celle-ci.


    Oeufs pondus par la reine

    Oeufs pondus par une ouvrière

    Les besoins en ressources de la colonie

    Les quatre substances recueillies par les fourrageuses pour la colonie sont :

    puce le nectar
    puce le pollen
    puce la propolis
    puce l'eau

    Le nectar est une sécrétion sucrée des plantes. Il est ordinairement sécrété par les nectaires associés aux fleurs, quoique certaines plantes aient des sectaires sur leurs feuilles ou sur leurs tiges. Le nectar est composé de 70 à 80% d'eau. Le pourcentage d'eau est encore plus élevé durant les périodes pluvieuses. Le reste est composé de sucre et de traces d'autres composés organiques. Le nectar est l'hydrate de carbone ou la composante énergétique du régime de l'abeille.

    Les butineuses prennent le nectar des nectaires et le ramènent à la ruche dans leur estomac à miel. Quand elles reviennent à la colonie, elles passent le nectar aux jeunes ouvrières qui le transforment en miel et le stockent dans les alvéoles.

    Le procédé de mûrissement du nectar comprend l'évaporation de la teneur en eau jusqu'à moins de 19 pour cent et l'addition d'une petite quantité d'enzymes. Les ouvrières font cela en régurgitant continuellement des gouttelettes de nectar de leur estomac à miel et en les faisant sortir de leurs trompes. L'évaporation est accélérée en augmentant la surface des gouttelettes. L'action mélange aussi des enzymes qui transforment les sucres complexes du nectar en sucres simples.

    Les abeilles recueillent parfois la miellée, une sécrétion sucrée provenant de certains insectes qui se nourrissent de la sève des plantes. La miellée est acceptable comme nourriture pour les abeilles mais le miel qui en résulte est foncé et a un goût très fort. Un tel miel est considéré de qualité inférieure. C'est surtout dans les climats tempérés que les abeilles recueillent la niellée.

    Dans la ruche, le miel est toujours stocké au-dessus et autour du secteur de ponte du nid. Les abeilles adultes se nourrissent de miel, et le mélangent au pollen pour nourrir les ouvrières plus âgées et les larves de faux-bourdons. La plupart des colonies produisent plus de miel que nécessaire pendant les productions de miel abondantes. Cet excédent de miel peut être récolté. La quantité de miel supplémentaire peut être augmentée grâce à une bonne gestion. Il suffit d'enlever les magasins à miel de la colonie pour stimuler les abeilles à produire davantage de miel si les ressources florales sont disponibles.

    Le pollen est une substance poudreuse produite par les organes mâles des fleurs. Il contient la semence des plantes. Les abeilles aident à transférer le pollen de plante en plante. De tels agents de pollinisation sont très importants pour les croisements de pollinisation de nombreuses plantes.

    De nombreuses cultures dépendent des croisements de pollinisation par les insectes pour une bonne plantation. Ces plantes sont souvent stériles et ont besoin d'être pollinisées par d'autres plantes. De telles cultures sont grandement avantagées par la présence d'abeilles dans le secteur au moment de leur floraison.

    Quand les butineuses vont de fleur en fleur, le pollen s'accroche à leurs poils très fins, le plumose (semblable aux plumes) qui recouvrent le corps. Régulièrement, l'ouvrière enlève le pollen de ses poils en utilisant la brosse à pollen, une structure située sur les pattes arrières. Puis elle forme des pelotes avec le pollen grâce au pressoir à pollen et les rangent dans la corbeille à pollen pour les ramener à la ruche. La presse à pollen et la corbeille sont aussi situées sur les pattes arrières.

    Pelote à pollen

    Le pollen est utilisé pour nourrir le couvain plus âgé et est mangé en grandes quantités par les nourrices qui produisent la gelée royale avec les glandes de la tête. C'est la protéine, la vitamine et la composante minérale du régime de l'abeille.

    Le pollen est stocké dans les alvéoles qui entourent le nid à couvain où il est prêt à nourrir le couvain et à être consommé par les nourrices. Un complexe de levures présent dans le pollen agit en tant qu'agent conservateur grâce à un processus semblable à l'ensilage du foin.

    La propolis est une substance résineuse recueillie sur les plantes. On la trouve autour des fentes sur les plantes et parfois autour des bourgeons. Les abeilles l'utilisent pour obturer les fissures et les trous de la colonie, pour renforcer et réparer les vieux rayons et pour couvrir les animaux morts de la colonie qui sont trop gros pour être enlevés.

    La propolis contient des substances chimiques appelées turpènes qui agissent pour limiter la croissance des bactéries et du fongus dans l'environnement de la colonie. Elle est recueillie par les butineuses et ramenée à la ruche dans les corbeilles à pollen.

    L'eau est mélangée au miel avant que les abeilles ne le mangent ou ne le donnent au couvain. Les abeilles utilisent aussi l'eau pour refroidir la ruche lors des journées chaudes. Quand il fait chaud, de nombreuses abeilles butineuses sont occupées à recueillir de l'eau. L'eau est placée en petites gouttelettes autour de la ruche, et les courants d'air sont provoqués par des abeilles qui restent à l'intérieur de la colonie et battent des ailes pour faire de l'air. La température de la colonie est abaissée grâce au refroidissement par évaporation.

    L'eau est amenée à la colonie dans l'estomac des abeilles butineuses. Une source d'eau fraîche à proximité de la colonie est appréciable. Cela minimise l'effort requis pour satisfaire les exigences de la ruche en eau, et permet à la colonie de consacrer davantage d'efforts à butiner le nectar et le pollen. S'il n'y a aucune ressource naturelle d'eau à proximité, l'apiculteur trouvera son avantage à alimenter le rucher en eau.

    L'essaimage, la substitution et la désertion

    L'essaimage est la division naturelle d'une colonie ou reproduction. Quand la colonie a atteint une taille importante et que les ressources disponibles sont abondantes, les ouvrières vont construire des alvéoles royales. Ces alvéoles ou cellules d'essaim sont en général situées autour des bords des rayons.

    Quelques jours avant l'éclosion de la première reine vierge, la vieille reine quitte la colonie suivie d'une partie des ouvrières et des faux-bourdons. La reine s'arrête en général tout près et les autres abeilles forment un essaim autour d'elle. Des éclaireurs quittent le groupe et partent à la recherche d'un endroit propice pour se nicher. Au bout de quelques jours, le groupe s'envole généralement et va s'établir dans un nid permanent.

    La première reine qui émerge de l'ancienne colonie se met à la recherche d'autres alvéoles royales et les détruit. Si deux reines ou plus émergent en même temps, elles vont se battre jusqu'à ce que l'une d'elles soit tuée.

    Parfois, si la colonie a une population importante, une reine nouvellement éclose quittera la colonie avec un certain nombre d'ouvrières au lieu de détruire les autres alvéoles royales. Cela s'appelle un rejet d'abeilles. Il est semblable à l'essaim d'origine sauf qu'il est plus petit et que la reine est vierge. Parfois une colonie fera l'expérience de plusieurs rejets.

    La substitution est le remplacement de la reine sans division de la colonie. Si la vieille reine n'est plus à la hauteur de sa tâche, les ouvrières vont construire des alvéoles royales pour élever une autre reine. Ces alvéoles de remplacement sont en général situées sur la façade du rayon. La vieille reine ne quitte pas la colonie lors de la substitution. La nouvelle reine s'accouple, revient à la colonie et commence à pondre.

    Après la substitution, il n'est pas rare de trouver les deux reines, la vieille et la nouvelle ensemble dans la même colonie. Elles ne se font pas concurrence, donc elles se tolèrent. On reconnaît la vieille reine à ses ailes et son abdomen sans poils. Elle meurt peu de temps après que la nouvelle reine ait commencé à pondre.

    Les alvéoles d'essaimage sur le bord du rayon, les alvéoles de substitution sont sur la face du rayon

     

    La désertion est l'abandon du nid par une colonie. Cela est dû en général à une perturbation excessive de la colonie par des prédateurs ou des apiculteurs, ou à la diminution des ressources dans le secteur. La désertion est plus courante parmi les variétés et espèces tropicales de la mouche à miel.

    Ces informations générales sur les connaissances de base de la biologie de l'abeille sont nécessaires de façon à comprendre la nature de l'apiculture et les principes de gestion de la ruche. La gestion optimale de la ruche peut être réalisée seulement avec une bonne compréhension de la biologie de l'abeille. Votre connaissance de la biologie de ces insectes ne cessera jamais de croître une fois que vous commencez à travailler avec eux. Comme pour tout le reste, l'expérience est le meilleur des enseignants.

    Aider les apiculteurs débutants à acquérir la connaissance de la biologie de l'abeille est souvent un processus lent et difficile dans les projets de développement. Les discussions abstraites, les conférences, et les matériaux de propagation ne signifient souvent rien aux gens qui n'ont pas été préparés à de tels media. Ils ont besoin de faire l'expérience par eux-mêmes. La démonstration réelle est souvent la méthode d'enseignement la plus efficace dans ces situations.

    Il est aussi important que l'enseignant pose des questions et écoute. Vous devez apprendre comment les abeilles et leur relation avec l'environnement sont envisagées par le groupe cible d'un projet apicole. Vous avez besoin de savoir ce que le groupe cible connaît déjà.

    La sagesse populaire en ce qui concerne les abeilles est basée sur la relation abeille-environnement telle qu'elle est perçue et observée par les gens de la communauté. Souvent la sagesse populaire est correcte vis-à-vis de la biologie de l'abeille même si les mots techniques manquent.

    En découvrant la sagesse populaire locale sur les abeilles, la personne qui essaie d'enseigner des méthodes améliorées d'apiculture peut renforcer ce qui est correct et chercher à changer ce qui est mal compris. Le fait de chercher à comprendre et de respecter la sagesse populaire locale augmentera énormément votre crédibilité.

     

    L'espace à abeilles et les ruches

    L'espace à abeille: La base de l'apiculture

    L'espace à abeille est simplement un trou permettant à l'abeille de passer facilement entre deux structures (7,5mm ± 1,5mm pour l'abeille domestique occidentale, moins pour l'abeille domestique orientale). Si l'espace entre deux surfaces de la ruche quelles qu'elles soient est trop étroit pour laisser passer une abeille facilement, les abeilles vont le boucher avec de la propolis. Si l'espace est plus grand que nécessaire, les abeilles vont construire des rayons dans le secteur.

    Quand l'espace entre deux surfaces de la ruche a la grandeur voulue, les abeilles n'y toucheront pas et s'y glisseront. Si dans la construction d'une ruche l'espace abeille est considéré et respecté, il en résultera une ruche permettant l'enlèvement et la remise en place des rayons sans problèmes.

    Le révérend Lorenzo Langstroth de Philadelphie a été la première personne à utiliser l'espace à abeille dans la construction d'une ruche. Il construisit la première ruche moderne en 1851, en utilisant des cadres mobiles pouvant contenir le rayon à l'intérieur de la ruche. Le cadre moderne utilisé en apiculture de technologie avancée est encore parfois appelé la ruche de Langstroth.

    Espace large
    =
    espace rempli
    de rayons
    Petit espace
    =
    Espace encombré
    de propolis
    Espace à abeille
    =
    Espace
    respecté

    Types de ruches

    Les ruches à rayons fixes ne sont que des cavités créées par l'homme. Cela peut être des bûches creusées, des cylindres d'écorce, des pots en terre, des boites en bois, des paniers en paille, en bambou ou en osier, des récipients d'osier enduits de boue, ou des boîtes en métal ou des caisses inutilisées. Dans certaines régions, les cavités à abeilles sont creusées dans les murs de boue des maisons ou dans les talus à proximité.

    Dans les ruches à rayons fixes, les abeilles attachent les rayons directement aux surfaces supérieures de la ruche et en général aux parois. Les abeilles laissent naturellement l'espace à abeille entre les rayons au fur et à mesure qu'elles les construisent.

    Pour enlever les rayons de ce type de ruches, il faut les découper et il n'est pas pratique de les remettre en place. Donc, l'apiculture est impossible avec des ruches à rayons fixes. Ces ruches peuvent être utilisées seulement pour la destruction des abeilles ou leur maintien.

    Avantages des ruches à rayons fixes :

    puce Les matériaux nécessaires à leur construction sont en général immédiatement disponibles et bon marché (gratuits).
    puce

    La production de cire est relativement élevée. (Il y a un marché local de la cire tout prêt dans certaines régions.)

    puce

    Elles sont traditionnelles et des méthodes ont été établies pour travailler avec elles.

    Inconvénients des ruches à rayons fixes :

    puce Il est impossible d'enlever les rayons et de les remettre en place - donc l'examen de la condition de la colonie et les manipulations de la ruche sont impossibles.
    puce

    L'essaimage est courant à cause de l'espace restreint.

    puce

    Le couvain est souvent perdu au moment de la récolte du miel.

    puce

    La production de miel est entravée.

    puce

    La qualité du miel est inférieure en général parce qu'il provient d'un vieux rayon ou est mélangé avec du pollen, du couvain, ou des cendres.

    Les ruches à rayons mobiles ont une série de barres en travers la partie supérieure qui permettent d'attacher le rayon. Ces barres sont espacées pour laisser suffisamment de place aux abeilles pour construire un rayon au centre de chaque barre et pour laisser un espace à abeille entre les rayons.

    De telles ruches peuvent être construites avec différents matériaux, y compris de la paille, du bambou, des paniers enduits de boue, du métal ou du bois. Le bois est le matériau idéal pour les barres supérieures. La largeur de ces barres est la seule dimension critique de ce genre de ruche.

    De façon idéale, les parois d'une ruche à rayons mobiles doivent avoir une pente de 120 degrés. Cette pente suit la courbe d'un rayon construit naturellement; ainsi, cela minimise l'attachement du rayon aux parois de la ruche. Ce qui permet de retirer les rayons plus facilement et sans les casser.


    Rayon naturel
    .
    Barre supérieure avec rayon

    Si les parois ne sont pas en pente (et cela se produit même quelquefois avec des parois en pente), les abeilles attacheront les rayons nouvellement construits aux parois de la ruche. Si l'attache est coupée plusieurs fois au fur et à mesure que le rayon prend de l'âge et est propolisé, les abeilles cesseront de l'attacher. Les restes devront être détachés des parois de la ruche chaque fois que l'on coupe un rayon. Ceci exige des soins attentifs de la part de l'apiculteur, en particulier quand la colonie s'établit.

    Les ruches à rayons mobiles offrent une étape logique intermédiaire entre les ruches à rayons fixes et les ruches à cadres mobiles (ruches de Langstroth). Les ruches à rayons mobiles sont souvent appelées des ruches de transition ou des ruches de technologie intermédiaire. Elles offrent une technologie de l'apiculture qui reste à la portée technologique et économique de la plupart des tueurs d'abeilles et de ceux qui les maintiennent et qui utilisent à l'heure actuelle des ruches à rayons fixes.

    Avantages des ruches à rayons mobiles :

    puce Les rayons sont mobiles et peuvent être remis en place sans être détruits. Donc, l'apiculture est possible. L'essaimage peut être contrôlé, et on peut augmenter les colonies avec de simples méthodes d'élevage de reines.
    puce

    Elles sont faciles à construire parce qu'elles comportent peu de secteurs où les dimensions critiques sont importantes.

    puce

    Elles peuvent être construites avec des matériaux qui sont déjà à la disposition du petit exploitant. Donc, elles sont plus économiques que les ruches de type Langstroth.

    puce

    Elles offrent une autre solution intermédiaire et peu coûteuse à l'apiculture pour les tueurs d'abeilles et les gens qui les entretiennent et qui utilisent les ruches à rayons fixes.

    puce

    Elles ne nécessitent pas de fondations pour guider la construction du rayon dans le cadre afin d'obtenir un rendement optimal.

    puce

    La production de cire est relativement élevée.

    puce

    Le miel peut être récolté sur les nouveaux rayons. Donc, le miel produit sera de meilleure qualité.

    puce

    Les barres supérieures peuvent être construites de façon à se joindre, sans laisser d'ouvertures le long de la partie supérieure de la ruche. Ce qui rend le travail plus facile avec les variétés d'abeilles qui sont davantage sur la défensive.

    Inconvénients des ruches à rayons mobiles :

    puce Les rayons sont attachés seulement aux barres supérieures. Donc, il est difficile de déplacer les colonies sans casser les rayons. Aussi, il faut prendre des précautions lorsqu'on enlève les rayons pour les inspecter.
    puce

    Puisque les rayons sont attachés à la partie supérieure de la ruche, la colonie ne peut s'étendre que sur un plan horizontal. Ce qui en quelque sorte limite l'expansion de la chambre de ponte, car les abeilles tendent naturellement à agrandir la chambre de ponte en allant vers le haut (verticalement). (Ceci est un inconvénient négligeable dans le cas d'un projet de petite envergure qui démarre du fait que la gestion intensive soit rare.)

    Les ruches à cadres mobiles ou ruches de Langstroth sont des ruches utilisées en apiculture moderne de "technologie de pointe". Dans ces ruches, l'abeille construit des rayons en forme de cadres qui contiennent une feuille de cire gaufrée servant de "modèle" pour s'assurer que les rayons sont droits et bien centrés dans les cadres.


    Cadre avec rayon
    Ces ruches sont construites de façon qu'il y ait un espace à abeille entre les cadres eux-mêmes et entre les cadres et la boite qui les maintient. Une construction si compliquée nécessite l'emploi de bois de qualité relativement bonne et aussi une expérience de la menuiserie.
    Puisqu'il y a un espace à abeille entre les hauts des cadres, ce qui permet aux abeilles de passer, plusieurs boites de cadres sont utilisées pour former une ruche. En général deux boites ou "corps de ruche" sont utilisées pour former la chambre de ponte. Les boites empilées par dessus s'appellent des magasins et sont utilisées pour stocker le miel. La construction de ces boites est identique. Les différentes appellations proviennent de leur position relative dans la ruche et donc de leur fonction.
    Ces ruches permettent ce qu'il y a de mieux au point de vue de la manipulation et des échanges des rayons. On peut interchanger non seulement les cadres mais aussi les boîtes. Un tel système permet un niveau élevé de gestion ou une apiculture de "technologie de pointe."

    Avantages des ruches à cadres mobiles :

    puce Les rayons peut être facilement enlevés, inspectés, et interchangés puisque ce sont des cadres.
    puce

    Les rayons contenant le miel peuvent être enlevés, le miel extrait des rayons par centrifugation, et les rayons vides sont retournés à la colonie. Ce qui rehausse la production de miel puisque les abeilles n'ont pas à construire de nouveaux rayons.

    puce

    Puisque ce sont uniquement les rayons à miel qui sont enlevés et extraits, le miel est d'une qualité élevée.

    puce

    Les rayons sont solidement attachés au cadre. Moins de soins sont nécessaires pour enlever et inspecter les rayons, et les colonies peuvent être déplacées sans trop de dégâts. Ceci permet un élevage migratoire ou le déplacement des colonies dans des endroits où la production de nectar est favorable.

    puce

    On peut agrandir l'espace dans la ruche sur un plan vertical en ajoutant des magasins. Ce qui rehausse la tendance naturelle des abeilles à étendre leur nid vers le haut.

    puce

    Elles peuvent être utilisées facilement pour produire du pollen ou pour l'élevage en masse des reines.

    Inconvénients des ruches à cadres mobiles :

    puce Elles exigent l'utilisation de bois de qualité relativement bonne et l'expérience de la menuiserie pour la construction; c'est pourquoi elles sont chères.
    puce

    Pour qu'elles donnent un rendement optimum, il faut une feuille de cire gaufrée et un extracteur de miel. Ces articles sont chers, et souvent difficiles à se procurer.

    puce

    Pour qu'elles donnent un rendement optimum, il faut avoir l'expérience de l'apiculture.

    puce

    Il y a de nombreux espaces à abeilles entre les barres supérieures des cadres. Ce qui rend difficile le contrôle des variétés d'abeilles sur la défensive.

     

     

    L'apiculture de technologie intermédiaire

    Pourquoi ?

    La ruche moderne à cadres mobiles maximise la production de miel. C'est un système d'apiculture qui permet d'interchanger les rayons au sein d'une même colonie et entre colonies différentes. Elle offre une large gamme d'options de gestion, mais est relativement chère. De plus, son utilisation optimale dépend de composantes qui sont souvent difficiles à obtenir pour les petits exploitants.

    Pour exploiter à fond la gamme des options de gestion et pour réaliser la production potentielle du système à cadres mobiles, un niveau relativement élevé de compétence ou d'expérience ainsi qu'une bonne synchronisation sont requis.

    Les projets apicoles de petite échelle démarrent quelquefois avec des ruches à cadres mobiles mais sans composantes suivies immédiatement disponibles ni sans assistance technique. Cela peut aboutir à une situation où on a fait un investissement relativement élevé en matériel pour obtenir un bon rapport, mais où la capacité technique pour faire fonctionner ce matériel et réaliser son potentiel fait défaut.

    Parlant économiquement, un système moins cher et plus simple serait préférable. Une telle solution ne permet peut-être pas de choisir des options de gestion plus sophistiquées mais cela n'a pas d'importance si l'apiculteur n'est pas au courant ou ne sait pas utiliser de telles techniques de gestion. C'est l'essence de la technologie appropriée.

    Les systèmes apicoles de technologie intermédiaire offrent un système bon marché aux tueurs d'abeilles et aux gens qui les maintiennent, et qui utilisent les ruches à rayons fixes pour faire la transition et passer à l'apiculture. Ils fournissent un système d'élevage des abeilles relativement simple qui est davantage à la portée économique et technique de la plupart des projets de petite échelle, tout en permettant à l'utilisateur d'employer la connaissance apicole la plus récente. La plupart des systèmes intermédiaires sacrifient une partie de leur production de miel en faveur de la production de cire, mais la cire est un produit de valeur.

    Ces systèmes apicoles donnent à l'utilisateur davantage de contrôle sur la construction de la ruche et limitent la nécessité d'avoir recours à un autre matériel. Les ruches de technologie intermédiaire donnent aux petits exploitants la possibilité, au niveau de leurs moyens, de s'informer sur les abeilles et l'apiculture et d'acquérir l'expérience et le capital qui leur permettront de faire usage du système à cadres mobiles par la suite.

    L'utilisation d'un système de technologie intermédiaire dans le programme de développement de l'apiculture n'est pas incompatible avec l'apiculture de "technologie de pointe". Tous deux ont leur place. C'est le travail du planificateur de programme de déterminer la nature de la relation abeille-homme et les réalités économiques et culturelles de la région. A partir de là, le planificateur peut suggérer le type de matériel à utiliser dans le programme. Dans certaines régions, l'utilisation des deux types peut être justifiée. Les apiculteurs eux-mêmes doivent prendre la décision finale.

    Le système à cadres mobiles (apiculture de "technologie de pointe") est le développement apicole par excellence. Néanmoins, un tel système restera hors de portée, sur le plan économique et technique, de nombreuses gens qui aimeraient améliorer leurs méthodes de production de la cire ou du miel. Jusqu'à ce qu'ils accumulent la compétence et le capital requis pour s'engager dans l'apiculture avec un matériel à cadres mobiles, un système de technologie intermédiaire peut répondre à leurs besoins.

    Quelques considérations avant le démarrage

    Les piqûres d'abeilles sont le souci de tous les apiculteurs. Bien qu'elles puissent être minimisées par le port de vêtements de protection et par de bonnes habitudes de travail, une piqûre occasionnelle est inévitable. L'accepter fait partie de l'attitude mentale qui caractérise l'apiculteur. La plupart des gens venant d'un milieu rural et qui travaillent avec les abeilles acceptent davantage l'idée de se faire piquer qu'un employé du projet de développement qui vient d'un environnement urbain "sans insecte".

    Evitez les parfums et les lotions parfumées quand vous travaillez avec les abeilles. Les odeurs fortes attirent les abeilles et les incitent à piquer.

    Il est aussi important d'avoir des mouvement lents, prudents et délibérés quand on travaille avec les abeilles afin de minimiser les piqûres. Les abeilles sont davantage attirées par les mouvements brusques. Travailler avec soin lorsqu'on manipule la ruche minimise aussi le risque d'abeilles écrasées. Les abeilles écrasées relâchent une phéromone d'alarme ou odeur qui alertent les autres ouvrières et les incitent à défendre la colonie. (En utilisant l'enfumoir correctement on arrive à masquer la phéromone d'alarme. Voir page 89.)

    Si une colonie devient incontrôlable tandis que vous y travaillez, fermez-la le plus rapidement possible et partez. Si les abeilles vous poursuivent, créez un nuage de fumée avec l'enfumoir et déplacez-vous lentement à travers les boissons et branches. En vous déplaçant à travers ces objets, vous semez la confusion parmi les abeilles.

    Quand une abeille se glisse sous le voile ou à l'intérieur d'un vêtement, le meilleur remède est de l'écraser le plus vite possible avant qu'elle ne pique. En essayant de la relâcher, vous finirez par vous faire piquer de toute façon.

    Les abeilles piquent quelquefois à travers les vêtements, en particulier à l'endroit où ils moulent les épaules. Une telle piqûre a rarement la force d'une piqûre normale et est appelée une "fausse piqûre".

    Quand une ouvrière pique, la barbe du dard s'enfonce dans la victime. Comme l'abeille se retire, l'appareil de défense en général est arraché du corps de l'abeille. Cet appareil comprend le dard, l'organe de défense et les glandes associées. L'ouvrière finit par mourir. Les muscles associés au réservoir à venin continuent à se contracter et pompent du venin dans la victime une fois que l'ouvrière s'est libérée. Donc, pour minimiser la quantité de venin injectée, enlevez le dard dès que possible.

    Enlevez le dard en grattant la surface de la peau avec un ongle, un couteau ou un lève-cadre. Saisir le réservoir à venin pour essayer de retirer le dard ne fait qu'envoyer davantage de venin sous la peau. Un nuage de fumée sur la région aidera à masquer la phéromone d'alarme relâchée par l'organe de défense.

    Restez calme quand vous êtes piqué. En laissant tomber le rayon ou en bousculant la ruche, vous ne ferez qu'inciter davantage d'abeilles à piquer.

    Une certaine sensibilité et une boursouflure locales sont des réactions normales après une piqûre d'abeille. La boursouflure peut être grave si la personne n'a pas été piquée depuis longtemps. L'enflure devient en général de moins en moins grave au fur et à mesure que le corps de l'apiculteur développe une immunité au venin d'abeille, quoique la douleur initiale "ponctuelle" se fera toujours sentir.

    Ce type de réaction, quelle que soit la gravité de la boursouflure, est une réaction allergique locale. Une réponse allergique plus grave à une piqûre d'abeille est une réaction systémique. C'est une réponse corporelle totale (choc anaphylactique), avec des symptômes survenant ailleurs qu'à l'endroit de la piqûre. Les symptômes d'une réaction systémique peuvent comprendre: urticaire; enflure des lèvres, de la langue, ou des paupières; oppression de la poitrine avec difficulté à respirer ou à avaler; douleur abdominale; nausée et vomissement; vertiges; faiblesse ou confusion; décès.

    Ces symptômes à la suite d'une piqûre d'abeilles nécessitent des soins médicaux. Ils sont traités avec des antihistamines ou de l'adrénaline. Les individus qui sont hypersensibles aux piqûres d'abeilles ne devraient pas essayer de devenir apiculteurs.

    La réaction à une piqûre d'abeille varie aussi selon l'âge de l'abeille (développement de l'organe de défense), et de la condition physiologique de l'apiculteur, dont la réaction chimique corporelle peut être affectée par les drogues utilisées (en particulier les antihistamines) ou par les différents états émotifs.

    Une fois que le venin est injecté sous la peau, il n'y a pas de "cure" pour la piqûre d'abeille. On peut utiliser des lotions, de la glace et autres choses pour soulager la région affligée mais la seule cure est le temps. Il existe de nombreux remèdes populaires pour soulager les effets d'une piqûre d'abeille. Quel que soit le traitement utilisé, la boursouflure disparaîtra en un jour ou deux, et il s'en suivra peut-être une brève période de démangeaison à l'endroit de la piqûre.

    Les sites apiaires sont souvent limités pour les entreprises apicoles de petite échelle. Le choix d'un site implique faire le pour et le contre entre les besoins des abeilles et les sites disponibles.

    En plus des sources de nectar et de pollen, il doit y avoir une source d'eau propre à proximité. Ceci limite l'effort requis par la colonie pour aller à la recherche d'eau.

    Les ruches ne doivent pas être en plein soleil pendant les périodes chaudes de la journée, pas plus qu'elles ne doivent être constamment à l'ombre. Le site idéal doit avoir du soleil le matin pour que les abeilles commencent à voler de bonne heure, et de l'ombre l'après-midi pour que le nombre d'abeilles occupé à ventiler la colonie et à chercher de l'eau soit minimisé.

    Le site apiaire devra aussi permettre une bonne circulation d'air de façon qu'il ne reste pas humide pendant de trop longues périodes après un temps pluvieux. Evitez les secteurs où il y a des inondations après les périodes de pluie. Les emplacements sous les grands arbres fournissent souvent un bon site apiaire parce qu'ils sèchent rapidement après les pluies et ne sont pas excessivement ombragés.

    Evitez les secteurs battus constamment par les vents comme site apiaire. De tels vents entravent le vol des abeilles. S'il n'y a pas de brise-vent naturels, on peut en planter. A nouveau, les plantes mellifères peuvent faire double emploi. De telles haies vives peuvent aussi empêcher le bétail d'approcher des ruches.

    Choses a considérer lors du choix d'un site apiaire :

    • sources de nectar et de pollen ;
    • source d'eau ;
    • suffisamment d'ombre ;
    • circulation d'air ;
    • brise-vent ;
    • vandalisme ;
    • protection des gens et du bétail avoisinants ;
    • protection contre l'incendie et les inondations ;
    • accès facile pour l'apiculteur ;
    • utilisation d'insecticides dans les environs.

      Des abris de chaume peuvent être construits pour protéger le rucher dans les régions sans arbres, ou on peut placer des couvercles en chaume ou autre matériau au-dessus de chaque ruche. On peut planter des arbres ou arbustes qui poussent rapidement autour du rucher pour abriter les ruches. Dans ce but, il faut choisir des plantes mellifères dans la mesure du possible. Dans de nombreuses régions les graines de ricin sont une bonne plante à utiliser.

      Pour une projet de petite envergure, il est souvent difficile d'éviter les sites près des habitations et des voisins. Ceci peut être un facteur limitatif pour l'apiculture, particulièrement avec les variétés d'abeilles plus défensives. De malheureux accidents peuvent se produire dans lesquels des gens et du bétail peuvent être gravement piqués. Des décès dus à des réactions allergiques aux piqûres d'abeilles peuvent en résulter. Ce facteur doit être considéré dans les régions où les projets seront mis en oeuvre avec des variétés africaines de l'abeille domestique occidentale.

      Des rangées d'arbustes qui séparent les ruches entre elles et des habitations peuvent aider à minimiser les incidents. Si les abeilles sont particulièrement sur la défensive, il vaut peut-être mieux travailler avec les colonies au crépuscule ou la nuit. Aussi, faire de temps en temps un cadeau de miel peut faire diminuer les objections des voisins concernant les piqûres d'abeilles.

      Le démarrage - Les ruches

       

      La ruche du Kenya à barres supérieures (KTBH) est un type de ruche de technologie intermédiaire répandu. La ruche a été mise au point pour être utilisée au Kenya dans les années 70 et a été utilisée de façon extensive lors de l'effort de développement dirigé par un groupe de l'université de Guelph dans l'Ontario, au Canada.

      C'est une ruche pratique à utiliser dans les projets apicoles des petits exploitants. Il y a d'autres ruches de technologie intermédiaire, mais la KTBH offre un nombre relativement grand d'options de gestion en comparaison d'autres ruches de technologie intermédiaire. Sa conception simple permet aussi d'utiliser un large éventail de matériaux.

      La KTBH est utilisée dans ce manuel pour démontrer les opérations de gestion. Ces manipulations sont semblables quel que soit le système de ruche à rayons mobiles utilisé.

      Il y a deux facteurs important construction d'une ruche KTBH :

      1. est important que la largeur des barres supérieures soit correcte C afin que les abeilles ne construisent qu'un rayon par barre. Pour les variétés africaines de l'abeille domestique occidentale, la largeur devra être de 32mm. Pour les variétés européennes, elle devra être de 35 mm.
      2. Les parois de la ruche doivent être inclinées à un angle de 120 degrés vers le bas. Ceci minimise la possibilité pour les rayons de rester collés aux parois puisqu'ils suivent la même forme que celle utilisée par les abeilles quand elles construisent leurs rayons naturels.

      La ruche peut être faite avec n'importe quelle qualité de bois, de la paille, des roseaux tressés ou du bambou recouvert de boue, ou des récipients en métal. La sélection des matériaux doit être basée sur la disponibilité et le coût, contrebalancés par la longévité de la ruche dans le climat de cette région. Plusieurs types de matériaux peuvent être utilisés pour les ruches de démonstration, et les apiculteurs locaux peuvent choisir ce qui leur semble le plus approprié.


      Paille

      Fût

      Ruche en boue
      Les barres supérieures elles-mêmes doivent être fabriquées avec du bois solide à fibres droites. Pour contrôler plus facilement les variétés d'abeilles plus défensives, il est important que les barres s'adaptent parfaitement ensemble. C'est pour cela qu'un bon bois et une bonne menuiserie sont importants pour les barres supérieures.

      Les avantages du système KTBH par rapport à un système de technologie de pointe pour une apiculture de petite échelle sont :

      KTBH La ruche Langstroth

      Le nombre de secteurs aux dimensions critiques dans le cas de la ruche KTBH est nettement moindre que dans le système de Langstroth. Donc, la ruche est facile à construire avec l'habileté technique en menuiserie et le matériel au niveau local.

      Il est nécessaire d'avoir une certaine expérience de la menuiserie pour construire la ruche. Une attention particulière aux détails est requise pour un nombre important de dimensions qui souvent impliquent l'utilisation d'un matériel de menuiserie onéreux.

      Le bois utilisé pour la construction de la KTBH n'a pas besoin d'être de très bonne qualité. Elle peut même être construite avec des nattes des roseaux, de la paille, ou de vieux barils de pétrole.

      La ruche doit être construite avec du bois de bonne qualité relative pour se conformer aux critères ci-dessus. Un tel bois est cher et souvent difficile a se procurer.

      Un extracteur n'est pas nécessaire pour le système KTBH. Seulement les ustensiles trouvés dans n'importe quelle cuisine sont nécessaires pour récolter les produits de la ruche.

      Un extracteur est nécessaire pour rendre le système de la ruche de Langstroth économiquement viable. C'est un morceau de matériel particulièrement cher. Un bon système de transport peut alléger ce problème du fait que de nombreux apiculteurs peuvent utiliser un extracteur de la région mais un tel réseau est rarement à la disposition des petits exploitants.

      Les feuilles de cire gaufrée ne sont pas nécessaires.

      Pour qu'un système de Langstroth fonctionne au maximum, il est nécessaire d'avoir des feuilles de cire gaufrée. A moins que celles-ci soient fabriquées localement, l'apiculteur de village devient dépendant d'un fournisseur extérieur qui n'est peut-être pas toujours très sûr.

      Comme on n'utilise pas de cadres, il n'est pas nécessaire d'avoir du fil de fer.

      Pour qu'une telle ruche fournisse son maximum, les cadres doivent être garnis de fil de fer pour avoir plus de support. Le fil de fer implique une dépense supplémentaire et n'est pas toujours disponible.

      A cause de son prix peu coûteux et de sa conception, il est économique de l'utiliser avec de simples techniques de gestion pour réaliser des augmentations modérées de production de miel.

      Pour rendre un système de Langstroth économiquement viable, il est nécessaire d'avoir l'expérience de l'apiculture à un degré élevé et un sens de la synchronisation pour les opérations de gestion. C'est ce qui fait généralement défaut à l'apiculteur débutant.

      La KTBH est conçue spécialement pour les caractéristiques de l'abeille africaine. Il y a moins d'espace pour laisser passer les abeilles quand on manipule la ruche, donc l'apiculteur peut mieux contrôler la colonie.

      La nature même de l'abeille africaine rend l'application de nombreuses opérations de gestion à un niveau élevé difficile avec les ruches de Langstroth même pour les apiculteurs bien formés. L'abeille africaine va bientôt être présente dans la plus grande partie des régions de basses terres des tropiques américains ainsi que dans son biotope traditionnel.

      Le stockage des rayons n'est pas nécessaire avec le système KTBH, on élimine ainsi les installations de stockage et les composantes chimiques.

      Une bonne gestion du système de Langstroth nécessite le stockage des cadres avec les rayons pendant la période de disette. L'espace de stockage approprié est souvent inexistant chez les petits exploitants. A cause des dégâts causés par le parasite de la cire, ce stockage doit être fait dans des conditions contrôlées et avec des produits chimiques fumigatoires. Ce qui n'est pas pratique pour la plupart des petits exploitants.

      Le système KTBH produit davantage de cire que le système de Langstroth. Toutefois, dans la plupart de régions, les revenus de l'apiculteur ne souffrent pas de cela. La cire est un produit commercialisable également. Augmenter les magasins de cire peut aussi présenter un intérêt à long terme pour le développement d'une industrie apicole. On en a besoin pour les feuilles de cire gaufrée lors de la conversion au système de Langstroth.

      Le système de Langstroth maximise la production de miel par rapport à la production de cire. Ce qui n'est peut-être pas un avantage financier pour l'apiculteur dans la plupart des régions du fait que des marchés locaux de la cire existent déjà ou peuvent être crées.

      Puisque la colonie s'étend sur un plan horizontal dans le cas de la KTBH, les grilles à reine (voir chapitre 7) ne sont pas nécessaires pour obtenir des rayons sans couvain au moment de la récolte. Ceci élimine la nécessité d'acquérir - une pièce de matériel chère et difficile à obtenir.

      On croit souvent qu'une grille à reine est indispensable parce qu'elle fait partie d'un ensemble "tout préparé' fourni avec le matériel apicole de cadres mobiles. C'est une pièce de matériel chère dont on pourrait se passer en procédant à des opérations relativement simples de gestion. Il n'est pas nécessaire d'utiliser la grille à reine pour obtenir des magasins à miel sans couvain. L'introduction de grilles à reine chez les apiculteurs orientés vers la gestion minimum crée un besoin fortement ressenti pour celles-ci. Les projets apicoles peuvent quelquefois être avantagés par l'absence de cette composante non nécessaire.

      D'autres ruches de technologie intermédiaire sont utilisées dans certaines régions.

      La ruche de Johnson qui est utilisée en Ouganda est une ruche à rayons fixes "améliorée". Elle permet une séparation entre les rayons à miel et les rayons à couvain faite d'un morceau de grillage à cinq mailles (5 trous par 2,54 cm) (appelé aussi grille à café en Afrique orientale). Les ouvrières peuvent passer par les mailles du grillage tandis que la reine ne le peut pas. Donc, le rayon construit sur la paroi de la ruche en face de la reine contient seulement du miel. Les parois amovibles de la ruche permettent de récolter les rayons de miel plus facilement. C'est un système de maintien des abeilles puisqu'il n'y a pas la possibilité de gérer la chambre de ponte.

      La plupart des autres ruches de technologie intermédiaire sont soit des variations du thème KTBH soit des modèles hybrides entre la ruche à rayons mobiles et la ruche à cadres mobiles. Une telle ruche est utilisée en Afrique orientale. Les barres supérieures sont utilisées dans la boite inférieure où la reine est confinée puisque les passages à la boite supérieure se trouvent sur les parois externes. Les rayons extérieurs de la boite inférieure sont utilisés par les abeilles pour stocker le miel, et la reine ne passera pas la barrière de miel. Les abeilles utilisent la boite supérieure pour le stockage du miel. Les barres supérieures ou les cadres sont utilisés dans la boite supérieure.

      La ruche d'Afrique orientale est aussi un système pour le maintien des abeilles, quoiqu'il puisse être géré et donc utilisé pour l'élevage des abeilles. Ce système ne permet pas cependant un maniement facile de la chambre de ponte. Sa conception est un peu plus compliquée que la KTBH puisqu'il utilise deux boites.

      Du fait que la KTBH est plus simple et gérée plus facilement, c'est elle qui convient le mieux à la plupart des efforts de développement apicole. La gestion, aussi minime qu'elle soit, est le but de n'importe quel effort de développement. La KTBH offre un bon équilibre entre une conception simple et une possibilité de gestion.



      Le démarrage

      Le rucher

      La disposition du rucher est importante pour aider à satisfaire les besoins des abeilles et pour rendre le travail de l'apiculteur plus facile.

      Dans la plupart des régions des tropiques il est nécessaire de poser les ruches sur des tréteaux pour protéger les abeilles contre les fourmis et les crapauds. Les tréteaux doivent être au moins à 45 cm au-dessus du sol. Les pieds peuvent être placés dans des boites en fer qui contiennent de l 'huile de moteur utilisée, ou on peut les entourer de plaques de graisse pour éloigner les fourmis de la ruche. Vérifiez régulièrement si l'huile n'a pas été rincée par l'eau de pluie ou si la graisse n'est pas recouverte de poussière. Des cendres fraîches répandues autour des pieds éloignent aussi les fourmis mais il faut les remplacer continuellement.
      Puisque la KTBH consiste en une seule boîte, on peut aussi la suspendre à un arbre ou à des poteaux. Cela la met à l'abri des fourmis et des crapauds et aussi des incendies de brousse. La suspension de la ruche se mêle bien aux pratiques de destruction et de maintien des abeilles en Afrique, dans lesquelles les ruches traditionnelles sont suspendues aux arbres.

      En coupant les mauvaises herbes dans le rucher, on réduit le problème des fourmis. Les hautes mauvaises herbes font office de pont aux fourmis pour atteindre la ruche. Un rucher propre rend le travail avec les abeilles plus facile. Des racines et des cailloux saillants peuvent faire trébucher l'apiculteur alors qu'il travaille avec les abeilles.


      Abreuvoir à abeilles
      S'il n'y a aucune source d'eau pour les abeilles à moins d'un kilomètre, on peut placer un récipient d'eau avec des bouts de bois qui flottent à la surface ou des pierres saillantes dans le rucher. Les bouts de bois et les pierres sont là pour empêcher les abeilles de se noyer. L'abreuvoir doit avoir un couvercle pour empêcher les matières fécales des abeilles en vol de tomber dans l'eau. Ceci permet de contrôler la nosema, une maladie protozoaire des abeilles qui peut être transmise par l'eau.

      La disposition de la ruche au sein du rucher est aussi une considération importante. Evitez de placer les ruches trop près l'une de l'autre en longues rangées rectilignes. Une telle disposition a pour conséquence un grand nombre de désertions ou un mélange d'abeilles entre les colonies. La désertion peut contribuer à la transmission des maladies.

      Pour éviter la désertion, on peut varier la direction des entrées de la ruche et séparer les lignes de ruches par des délimitations telles que des arbres ou arbustes. Les ruches doivent être au moins à 45 cm les unes des autres, et légèrement penchées vers l'entrée pour aider la colonie à se débarrasser des résidus qui tombent au fond. Cela permet aussi à l'eau de pluie de s'écouler.

      La disposition des ruches doit permettre à l'apiculteur d'approcher la colonie et de la manipuler par l'arrière. Ceci perturbe moins la colonie du fait que cela ne gêne pas la trajectoire des butineuses. Cela permet aussi à l'apiculteur d'enfumer la colonie avant que les gardiennes à l'entrée ne soient alertées.

      Le démarrage - Le matériel

      A part la ruche, il y a plusieurs pièces de matériel qui sont indispensables en apiculture. Si une personne souhaite voir son travail avec les abeilles couronné de succès, il faut qu'elle soit protégée dans une certaine mesure contre les piqûres d'abeilles.

      Les vêtements de protection portés par l'apiculteur empêchent la plupart des piqûres. Un enfumoir, quand il est utilisé correctement, permet un certain contrôle des abeilles, donc minimise les piqûres. Un lève-cadres permet à l'apiculteur de soulever doucement les barres supérieures ou les cadres, de façon à déranger les abeilles le moins possible. Tous ces articles peuvent être fabriqués localement par des tailleurs et des étameurs.

      Le voile est le vêtement de protection minimum. Il y a des moments où l'apiculteur expérimenté n'utilise peut-être pas son voile, mais il donne confiance en soi au débutant.

      Les voiles peuvent être faits avec un écran de plastique ou de métal, ou de grillage en nylon ou de gaze à moustiquaire. Ils s'adaptent en général à un chapeau à grand rebord qui les maintient à distance du visage et du cou. On peut utiliser des élastiques, ou des morceaux de caoutchouc provenant d'une vieille chambre à air pour les maintenir sur le chapeau.

      Il est préférable que le matériau à mailles utilisé pour le voile soit foncé. Cela limite la réverbération, ce qui permet une meilleure visibilité quand on travaille en plein soleil.


      Mauvais

      OK devant

      OK derrière

      La partie inférieure du voile doit avoir un long cordon que l'on peut croiser devant, qui fait le tour du dos pour être ferme par un noeud sur le devant. Ceci permet de s'assurer qu'il est bien serré au col et empêche les abeilles de s'infiltrer. Les abeilles en colère s'arrangent toujours pour trouver un trou dans le voile.


      Gants

      Les gants ne sont pas toujours nécessaires si les abeilles ne sont pas trop sur la défensive et si on peut les contrôler. Il peut être gênant de travailler avec des gants quoiqu'il faille toujours les garder à portée de la main en cas de besoin. Comme pour le voile, les gants donnent confiance en soi au débutant.

      Les gants peuvent être en cuir ou en tissu épais de couleur claire. Les gants à manchette qui arrivent au coude et sont serré, par un élastique protègent le, poignets.

      Les vêtements doivent être lâches et de couleur claire et taillés dans un tissu lisse. Les abeilles sont moins attirées par les couleurs claires. Elles ont tendance à s'empêtrer dans les tissus floconneux, qui souvent les incitent à piquer.

      Un col sur la chemise rend la partie inférieure du voile hermétique. Les jambes de pantalon peuvent être rentrées dans les chaussettes ou serrées à la cheville avec un cordon ou une patte en élastique. On peut mettre aussi des tabliers (souvent appelés combinaison à abeilles par les apiculteurs).


      Enfumoir

      L'enfumoir est utilisé pour produire de la fumée qui pousse les abeilles à consommer du miel, en réduisant leur tendance à voler et à piquer. La fumée empêche les abeilles de se diriger vers la partie de la ruche où on travaille.

      L'enfumoir est composé d'un foyer avec une grille pour retenir les matériaux de combustion, d'un bec pour diriger la fumée, et d'un soufflet. Le foyer doit pouvoir contenir suffisamment de combustible pour ne pas avoir à le remplir à nouveau lorsqu'on travaille avec les abeilles.

      Le combustible idéal pour l'enfumoir reste allumé, brûle lentement et produit une fumée tiède et blanche. Selon ce qu'ils ont à leur disposition, la plupart des apiculteurs ont leur combustible préféré. Les bons combustibles pour enfumoirs sont les coques de noix de coco, les épis de mais secs, la bouse de vache desséchée, les vieux sacs de toile, les rouleaux de carton, les copeaux de bois, le bois pourri, les feuilles sèches, ou les aiguilles de pin. Si ces matériaux sont légèrement humides, ils brûlent plus lentement en rendant une fumée plus tiède et blanche.

      Les morceaux de bois ou de fusain donnent trop de chaleur. La sciure donne des cendres ardentes qui sont expulsées de l'enfumait et se répandent dans la ruche. Les cendres ardentes peuvent brûler les abeilles et contaminer le miel. Il ne faut pas utiliser de matériaux synthétiques ni de produits pétroliers car ils rendent une fumée noire irritante.

      Les étameurs locaux peuvent fabriquer les parties métalliques de l'enfumoir. On peut utiliser des morceaux de chambre à air, de cuir ou de vinyle pour recouvrir le soufflet; des ressorts à matelas ou du métal flexible peuvent être utilisés pour les ressorts du soufflet.

      Les enfumoirs fabriqués localement ont besoin d'être un tantinet modifiés et expérimentés pour que la quantité exacte d'air soit correctement dirigée vers le foyer. S'il y a trop d'air qui s'infiltre quand le soufflet n'est pas utilisé, le combustible brûle. S'il n'y a pas assez d'air, l'enfumoir s'éteint facilement. Quelques trous de la largeur d'un clou percés au fond peuvent augmenter la ventilation si nécessaire. Une quantité confortable de ressorts dans le soufflet est aussi importante. Si le soufflet est trop rigide, votre main se fatiguera vite lorsque vous travaillerez avec le soufflet.

      L'effort supplémentaire à fournir pour trouver un bon enfumoir s'avèrera en valoir la peine quand vous travaillerez avec les abeilles. Il est frustrant d'avoir à s'arrêter de travailler constamment pour rallumer l'enfumoir et ne pas avoir de fumée lorsque vous en avez besoin peut aboutir à un grand nombre de piqûres inutiles.

      Comment allumer l'enfumoir :

      2) Pompez le soufflet plusieurs fois. Quand le papier s'enflamme, ajoutez le combustible tout doucement dans l'enfumoir et continuez à pomper le soufflet.

      3) Une fois que le combustible brûle, rajoutez du combustible dans l'enfumoir. Continuez à pomper le soufflet jusqu'à ce que le combustible reste allumé. Notez: N'entassez pas trop le combustible ou l'enfumoir ne restera pas allumé.

      4) Quand l'enfumoir est plein, mettez des feuilles vertes ou de l'herbe sur le combustible pour refroidir la fumée et attraper les braises en combustion.

      5) Pompez le soufflet de temps en temps tout en travaillant dans le rucher pour que l'enfumoir reste allumé.

    1) Froissez un morceau de papier journal, allumez-le, et enfoncez-le dans le foyer. Notez:Vous pouvez aussi utiliser charbon ou des braises pour allumer l'enfumoir.

    Le lève-cadres est aussi le compagnon constant de l'apiculteur. C'est un morceau de métal plat utilisé pour soulever les parties de la ruche et pour gratter l'excédent de propolis et de cire. Certains lève-cadres ont une extrémité courbée pour gratter et un trou pour enlever les clous.

    Un forgeron local peut fabriquer un lève-cadres avec une barre d'acier durci. Les lève-cadres peuvent aussi être fabriqués à partir de coutelas ou de machettes.
     

    Les sources d'abeilles varient selon la région. Dans les régions où l'on pratique le maintien des abeilles ou l'apiculture, le moyen le plus pratique d'obtenir des abeilles est d'acheter une colonie déjà établie. Si la colonie est dans une ruche à rayons fixes, elle peut être transférée dans une ruche à barres supérieures ou à cadres.

    Dans les endroits où l'on pratique l'apiculture de technologie de pointe, les abeilles sont vendues en paquets tout prêts ou en nuclei (noyaux). Un paquet est une boite recouverte d'une grille qui contient les ouvrières et la reine en cage. Les abeilles sont vendues au poids. Un noyau est une petite colonie. Il contient des abeilles adultes ainsi que des cadres ou barres contenant les rayons avec le couvain et les magasins à miel.

    Les références concernant l'apiculture de technologie de pointe traitent en détails la façon dont on obtient les abeilles en paquets et les noyaux et comment on les installe dans la ruche. Si de telles sources d'abeilles existent localement, les vendeurs doivent avoir tous les renseignements sur la façon de traiter ces abeilles. Dans de nombreuses régions cependant, ces sources d'abeilles n'existent pas.

    La source d'abeilles devra être aussi locale que possible et immédiatement accessible au fermier qui veut les élever. L'importation d'abeilles n'est pas recommandée. Non seulement on risque d'introduire de nouvelles maladies, des parasites ou des variétés d'abeilles indésirables dans une région mais aussi les apiculteurs concernés peuvent devenir dépendants de cette source.

    L'idée que les abeilles peuvent être obtenues uniquement par l'importation s'établit et les nouveaux apiculteurs répugnent à diviser leurs propres colonies. En encourageant les gens à compter sur les ressources de la communauté, vous pouvez aider à garantir que le projet suffira à lui-même.

    Les essaims sont une façon pratique de démarrer un rucher dans les régions où ils sont prévalents. Cela comprend les régions où il existe des variétés africaines de l'abeille domestique occidentale: l'Afrique sub-saharienne, et bientôt la plupart des régions à basse altitude (2000 m ou moins) des tropiques du continent américain. Les essaims sont aussi une source pratique de colonies de l'abeille domestique orientale dans les régions tropicales de son territoire.

    (Dans les régions des tropiques où seulement les races européennes de l'abeille domestique occidentale sont présentes, il n'est pas pratique d'attraper des essaims. Ces abeilles, qui sont adaptées aux climats tempérés, n'essaiment pas beaucoup sous les tropiques.)

    L'utilisation de ruches appâts pour attraper les essaims fait partie des pratiques traditionnelles de destruction et de maintien des abeilles dans certaines régions d'Afrique. Un essaim recherche une cavité appropriée pour faire son nid. Si des ruches vides sont placées à des endroits propices pendant la saison d'essaimage, il y a de grandes chances pour que la ruche devienne habitée.

    Les endroits idéaux pour les ruches appâts sont les régions qui seraient aussi idéales pour installer un rucher-- un endroit aéré, à moitié ombragé, loin des grands vents. Les ruches doivent être protégées des fourmis et il faut vérifier régulièrement la présence de nids d'autres animaux.

    Quelques petits morceaux de nouveau rayon vide pris à une colonie déjà établie et collés à l'intérieur de la ruche rendent son attirance plus grande. Un nouveau rayon sera vraisemblablement moins endommagé par le parasite de la cire parce qu'il attire moins la femelle comme endroit propice pour y pondre ses oeufs. Il est courant de frotter l'intérieur des ruches appâts avec certaines plantes aromatiques pour les rendre plus attirantes. Dans de nombreuses régions, on utilise le jonc odorant qui contient des substances chimiques semblables à la phéromone de la mouche à miel.

    On peut facilement mettre les essaims dans une ruche si on les trouve agglomérés sur une branche ou un autre objet.


    Essaim

    Les colonies sauvages ou retournées à l'état sauvage sont une autre source d'abeilles. Dans les régions où l'essaimage est prévalent, de telles colonies sont en général très courantes. Parlez aux villageois ou aux fermiers locaux de votre désir de trouver des colonies retournées à l'état sauvage. Ils en connaissent probablement un certain nombre. Si vous êtes prêt à payer ou à partager le miel contre des renseignements, vous serez surpris de découvrir combien de colonies retournées à l'état sauvage il y a dans la région.

    Faites attention, dans certaines régions il est tabou de récolter le miel ou de perturber les colonies d'abeilles vivant dans certains types d'arbres ou à certains endroits du village. Ces colonies sont peut être considérées comme sacrées ou sont sensées garder quelque reliquaire ou lieu sacré. Renseignez-vous sur les coutumes locales concernant les abeilles et respectez-les.

    Les projets apicoles de petite envergure sont généralement entrepris pour améliorer les méthodes déjà utilisées dans la relation locale abeille-homme. Si le but du projet est d'introduire des méthodes améliorées en plus de celles déjà utilisées avec les abeilles, alors les colonies existent déjà. Elles peuvent être des colonies retournées à l'état sauvage ou des colonies vivant dans des ruches à rayons fixes. En parlant aux gens qui s'intéressent aux abeilles, vous pouvez facilement trouver des abeilles dans votre région. Le problème n'est pas la source d'abeilles mais plutôt le transfert et l'utilisation d'un matériel différent.

    Les pratiques de gestion

    Le but de la gestion d'une colonie d'abeilles est d'aider la colonie à s'établir au maximum pendant la production optimum de nectar et à survivre la disette. Les colonies bien gérées assurent le plus grand rapport possible à l'apiculteur.

    La première étape de gestion en apiculture consiste à mettre des abeilles dans une ruche qui se prête à la gestion. Une fois la ruche établie, il faut l'inspecter régulièrement et la gérer selon ses besoins. Les pratiques de gestion spécifiques peuvent être divisées en période de gestion pendant l'établissement de la colonie, récolte du miel, et à nouveau période de gestion pendant les disettes.


    Si l'essaim se trouve sur une branche accessible secouez directement les abeilles dans la ruche

    La récupération des essaims est la façon la plus facile et la moins chère de se procurer des abeilles. Il vous suffit d'attendre que les abeilles viennent habiter la ruche-appât ou de mettre un essaim aggloméré dans une ruche. Si un essaim habite une ruche appât de son propre gré, en général il reste. Les essaims qui se sont agglomérés dans des endroits accessibles peuvent facilement être mis dans une ruche, quoiqu'ils restent parfois à contrecœur.

    Mettre un essaim dans une ruche implique secouer ou laisser tomber les abeilles dans ou devant la ruche. Si l'essaim se trouve sur une branche basse ou un buisson, enlevez une partie des barres supérieures, placez la ruche sous l'essaim, et secouez l'essaim directement dans la ruche. Une autre possibilité est de secouer les abeilles devant la ruche; en général elles s'y réfugient. Il est également possible de recouvrir l'essaim en question avec un grand sac, et de le transporter dans la ruche. Si l'essaim est aggloméré sur une branche basse, coupez la branche et abaissez-la doucement avec une corde.

    Ramassez les essaims qui sont agglutinés sur une surface plate ou sur un gros objet avec un morceau de carton et déversez-les dans la ruche. Utilisez une brosse faite de feuilles ou de brins d'herbe pour pousser les abeilles dans la ruche. Comme les essaims n'ont ni couvain ni magasins à défendre, ils sont en général dociles et la fumée n'est pas nécessaire pour les mettre en ruche. Toutefois si l'essaim a été éloigné de la colonie pendant un certain temps, il est peut être affamé, donc sur la défensive et difficile à manipuler.

    Si l'essaim est sur la défensive, on peut l'arroser avec de l'eau sucrée (deux tiers de sucre, un tiers d'eau) avant d'essayer de le mettre en ruche. On peut aussi utiliser de la fumée si l'essaim est sur la défensive mais ne pas l'utiliser de façon excessive, ce qui pourrait pousser l'essaim à partir.

    (Les abeilles qui ont construit quelques rayons et ont du couvain sont aussi davantage sur la défensive. Ce n'est plus un essaim, avec rayons et couvain, c'est une colonie et il est normal qu'elle se défende.)


    Ou bien, secouez l'essaim sur un morceau de tissu devant la ruche. Le tissu empêche les abeilles de s'enchevêtrer dans l'herbe ou d'être couvertes de poussière

    On peut aussi ramasser les abeilles et les verser dans la ruche
    Notez la condition générale du rucher quand vous inspectez les ruches. Vérifiez s'il y a des mauvaises herbes ou de l'herbe autour des pieds de la ruche. Les mauvaises herbes permettent aux fourmis d'accéder aux ruches. Prenez note aussi du matériel cassé ou pourri qui a peut-être besoin d'être remplacé.

    Les essaims resteront plus facilement dans la ruche si on leur donne quelques rayons à couvain non operculés. Si des ruches établies sont disponibles, il est facile d'enlever un tel rayon d'une colonie, de chasser les abeilles avec des brins d'herbe ou des feuilles, et de donner le rayon à l'essaim. (Ne transférez pas des abeilles adultes avec le rayon car elles se battraient avec les abeilles de l'essaim). Les rayons contenant des oeufs ou des larves donnent la possibilité à l'essaim d'élever une nouvelle reine au cas où la vieille reine soit tuée durant la mise en ruche.


    En mettant des rayons à couvain dans la ruche on empêche l'essaim de s'enfuir

    Il est nécessaire que la reine soit dans la ruche pour que les abeilles y restent. Si les abeilles retournent à l'endroit où elles étaient agglutinées à l'origine ou si elles vont s'agglutiner ailleurs, c'est probablement que la reine y est. Essayez à nouveau de secouer l'agglutination ou de la faire tomber dans la ruche.

    Bien qu'il ne soit pas toujours indispensable de trouver la reine, il est préférable de la voir et de savoir où elle est, une petite cage avec un grillage est pratique pour l'enfermer. Attrapez-la par derrière avec les deux ailes et guidez-la dans la cage. Si vous l'attrapez par une seule aile ou une seule patte, elle peut se tordre et se faire mal. Ne prenez jamais la reine par l'abdomen, cette partie est molle et vous risquez de blesser les organes reproductifs.

    Si la reine est mise en cage, on sait où elle est jusqu'à ce que la mise en ruche soit terminée. Une fois que la ruche atteint sa destination finale et que les abeilles sont installées, relâchez-la.

    En mettant la reine en cage, on l'empêche aussi d'être "agglomérée". Dans les conditions de tension de la mise en ruche, ou de transfert d'une colonie dans un matériel nouveau, ou de déplacement de la ruche, les ouvrières s'agglomèrent contre la reine et essaient de la piquer. C'est ce qu'on appelle agglomérer la reine, et les ouvrières la tuent parfois en la piquant ou en la suffocant.


    Mise en cage de la reine

    Si la récupération d'essaims ou le transfert de colonies retournées à l'état sauvage devient fréquent, cela vaut peut être la peine de construire une ruche de type KTBH de la moitié de la longueur standard. Une telle ruche est en général suffisamment grande pour un essaim de taille normale ou le transfert d'une colonie sauvage. Faites bien attention qu'il soit hermétique et facile à transporter. Mettez un grillage ou une grille pour fermer l'entrée facilement.

    Transférez la colonie dans un matériel de taille normale dans le rucher. Les essaims augmentent rapidement leurs effectifs jusqu'à atteindre la taille d'une colonie normale, donc ils auront bientôt besoin de plus d'espace. Les essaims mis en ruche construisent ou augmentent le nombre des rayons rapidement. En laissant l'essaim dans une petite ruche, on limite cette expansion.

    Une fois que les abeilles sont installées dans la ruche, l'entrée est fermée et la colonie déplacée. Il vaut mieux déplacer la colonie en fin de soirée ou la nuit quand les abeilles sont toutes à l'intérieur et qu'il fait plus frais. Certaines abeilles retourneront à l'ancien emplacement si la colonie est déplacée à moins de deux kilomètres.

    Ne laissez pas la colonie fermée au soleil. Si la colonie doit être fermée pendant plus de quinze minutes, utilisez un genre de matière à tamis pour fermer l'entrée. Aspergez d'eau à travers le tamis si la colonie reste enfermée pendant de longues périodes. Cela permet aux abeilles d'avoir de l'eau et aide à rafraîchir la ruche.

    Le transfert des abeilles d'une ruche à rayons fixes dans une ruche à barres supérieures doit être fait de préférence au début de la période d'établissement. Cela permet à la colonie de se remettre du transfert. Il sera ainsi plus facile aux abeilles de construire des rayons et d'augmenter leur population de façon à survivre la disette. Si le transfert est fait suffisamment tôt, il est même possible de récolter un excédent de miel.

    Au début de la période d'établissement, la population de la colonie est faible et il y a une quantité minimum de miel dans la colonie. Ceci rend le transfert plus facile et minimise les problèmes de vol par les autres colonies.

    Les colonies qui ont été transférées ont besoin d'un certain temps avant la période de disette pour récupérer et stocker du miel afin de survivre pendant la disette. Les transferts exécutés pendant cette période ont peu de chance de survie à moins que les abeilles ne soient nourries.

    Il n'est pas recommandé que la colonie dépende d'une source d'alimentation extérieure pour survivre. Acheter du sucre pour nourrir les abeilles est rarement pratique car une colonie importante peut avoir besoin d'une énorme quantité de sucre pour survivre. L'argent liquide pour l'achat de ce sucre fait généralement défaut, et même dans certaines régions si l'argent est disponible, le sucre est rare.

    Nourrir une colonie pendant la période de disette stimule l'élevage de couvain. Ce qui a pour conséquence une trop grande quantité de couvain à maintenir avec les ressources naturelles disponibles et le fait que la colonie devienne dépendante d'une source d'alimentation extérieure pour survivre. Evaluer les besoins en nourriture d'une colonie est difficile pour un apiculteur débutant. Une fois que l'alimentation des abeilles a commencé, il est souvent nécessaire de les nourrir continuellement jusqu'au commencement de la miellée. Ce qui n'est pas pratique économiquement pour les petits exploitants, donc évitez complètement l'alimentation.

    Transférez les colonies pendant la période d'établissement de façon que l'alimentation des abeilles ne soit pas nécessaire.

    Le transfert des abeilles provenant de colonies retournées à l'état sauvage ou de ruches à rayons fixes est essentiellement la même chose. Il faut ouvrir la cavité et découper les rayons et les attacher à la nouvelle ruche.

    Dans le cas de ruches à rayons fixes, la colonie est immédiatement accessible, et la cavité est ouverte sans difficulté. Les colonies retournées à l'état sauvage sont quelquefois inaccessibles dans des endroits tels qu'un pan de mur, le toit d'une maison, ou un gros arbre. Cela ne vaut peut-être pas la peine de démolir une structure ou de couper un arbre pour attraper une colonie. Toutefois, si la colonie est sur une branche, vous pouvez couper la branche. Abaissez-la soigneusement jusqu'au sol car si vous laissez tomber la branche, vous risquez de détruire le rayon.

    Le transfert d'une colonie

    1) Ruche à rayons fixes.
    2) Eloignez la ruche à rayons fixes de son site d'origine et mettez une ruche KTBH à la place .
    3) Ouvrez la ruche à rayons fixes et enlevez les rayons un à un.
    4) Placez les rayons à miel un plat recouvert d'un chiffon mouillé pour empêcher le vol et jetez les rayons qui contiennent du couvain à faux bourdons.
    5) Attachez les rayons à couvain aux barres supérieures et mettez les dans la KTBH.
    6) Une fois que tous les rayons sont découpés, versez les abeilles qui restent à l'intérieur de la ruche KTBH, fermez-la et diminuez le trou de vol. Notez: Enlevez la vielle ruche à rayons fixes du rucher pour empêcher les abeilles d'être attirées par elle.

    Pour faire les transferts, enfumez bien la colonie et, si possible, placez la nouvelle ruche au même endroit que l'ancienne. Puis déplacez la vieille ruche à quelques mètres de là. Les abeilles sont orientées vers l'emplacement où se trouvait leur colonie; donc elles iront plus rapidement dans la nouvelle ruche si celle-ci se trouve à la place de l'ancienne.

    Continuez à enfumer la colonie, mettez-la à l'envers et ouvrez-la si possible par le bas. Découpez les rayons. Mettez de côté les rayons vides et les rayons à couvain mâle pour leur cire. Attachez les rayons contenant le couvain des ouvrières aux barres supérieures avec une ficelle ou un fil de fer. On peut faire passer des baguettes de bambou taillées ou autres broches par les trous des barres supérieures pour maintenir les rayons. Récoltez la plupart des rayons mais laissez environ un demi kilogramme de miel pour la colonie.

    Façon d'attacher les rayons aux barres supérieures

    Quand tous les rayons sont attachés, secouez, déversez, ou poussez les abeilles restantes dans la nouvelle ruche. Remettez toutes les barres supérieures en place, mettez le toit, et bouchez en partie l'entrée avec un morceau de bois. Une entrée réduite aide la colonie à se défendre et dissuade les autres colonies de voler.

    Si vous trouvez la reine, mettez-la en cage dans une boite d'allumettes ou un récipient similaire jusqu'à ce que tous les rayons soient attachés. Il est possible qu'elle risque d'être agglomérée par les abeilles ou écrasée par l'apiculteur dans la confusion. La mise en cage empêche cela.

    Enlevez la vieille ruche du secteur pour que les abeilles aillent dans la nouvelle plus rapidement. Si les abeilles commencent à s'agglutiner loin de la ruche, enfumez le secteur et cherchez la reine.

    Evitez de renverser le miel et gardez le rayon à miel dans un récipient couvert. Cela empêchera les autres abeilles de le dérober.

    La désertion est parfois un problème lors des transferts. En s'assurant que la colonie a du couvain non operculé et suffisamment de nourriture, on arrive à contrôler les désertions. De la patience et le sens de l'humour aident aussi à contrôler la désertion en particulier avec certaines variétés d'abeilles.

    Le transfert de ruches champêtres est traumatisant à la fois pour l'apiculteur et les abeilles. Cela implique parfois énormément de travail et il est préférable d'avoir une certaine expérience apicole. Des abeilles perturbées qui volent dans tous les sens rendent quelquefois confus des apiculteurs. De nombreuses abeilles sont tuées et une partie du couvain et des rayons sont perdus. Toutefois un transfert est en lui-même une expérience enrichissante. Si vous réussissez, alors vous êtes sur la bonne voie pour devenir apiculteur.

    L'inspection régulière de la ruche une fois que la colonie est établie est nécessaire pour se rendre compte de ses conditions et de ses besoins. Pendant les périodes d'établissement, une activité intense règne dans la ruche, et la colonie devra être inspectée toutes les deux semaines. Une fois par mois suffit durant les périodes de disette puisque la colonie est moins active. Les inspections de la colonie permettent d'évaluer le statut du couvain, les besoins en espace, et la présence de magasins adéquats. La période du cycle annuel détermine ce que recherche l'apiculteur.

    Avec de l'expérience, on peut noter la condition de la colonie en regardant l'activité à l'entrée, et en enlevant un rayon ou deux. Toutefois, les apiculteurs débutants ont besoin de faire des inspections plus minutieuses tout en apprenant ce qu'il faut rechercher.

    La disposition de la colonie varie énormément selon la variété d'abeilles, la condition de la colonie et le temps qu'il fait.

    Généralement les abeilles sont beaucoup plus dociles par des journées ensoleillées et chaudes durant une montée de nectar. Ces jours-là, un nombre maximum d'abeilles butinent. Les butineuses, les abeilles plus âgées, défendent davantage la colonie car leurs glandes de défense sont complètement développées. Dans la plupart des régions, la production maximum de nectar a lieu le matin de bonne heure jusqu'à midi. C'est le meilleur moment pour inspecter la colonie puisque la plupart des butineuses sont éloignées de la ruche.

    Dans les régions où les abeilles sont particulièrement sur la défensive, de nombreux apiculteurs préfèrent travailler avec les abeilles à la tombée de la nuit. Ceci est particulièrement vrai si les ruches sont près des maisons. Quand la nuit tombe, les abeilles rentrent rapidement dans la ruche. Cela perturbe moins les voisins et le bétail à proximité. Les apiculteurs qui ont des abeilles particulièrement sur la défensive enlèvent aussi le miel de leurs colonies la nuit pour minimiser les piqûres.

    Le pillage est souvent un problème important lors de l'inspection des colonies pendant les périodes de disette. Les abeilles d'autres colonies profitent des ouvertures dans la ruche en cours d'inspection pour dérober le miel. On soupçonne qu'il y a vol lorsqu'on remarque que les abeilles se battent.

    Il est beaucoup plus facile de prévenir le vol que de l'arrêter. Travaillez rapidement lorsque vous faites vos inspections pour laisser la colonie ouverte le moins longtemps possible. Faites aussi attention de ne pas laisser couler du miel dans le secteur et de ne pas laisser les rayons de miel exposes.

    S'il y a vol, fermez la ruche et attendez le jour suivant. Si le vol est hors de contrôle, fermez la ruche et bouchez l'entrée complètement avec de l'herbe ou des feuilles. Aussi, le fait d'asperger les abeilles voleuses avec de l'eau aide à ralentir leurs mouvements. Enlevez l'herbe la nuit ou le jour suivant une fois que le vol a cessé. Si la colonie est laissée ouverte, tout le miel sera dérobé et la plupart des abeilles seront tuées.

    La condition de la chambre de ponte est la chose la plus importante à observer lors de l'inspection de la ruche. Un coup d'oeil rapide à un rayon de la chambre de ponte permet de savoir si la reine est présente ou non, et en observant le schéma de ponte, vous pouvez déterminer la condition de la reine ou la présence d'une maladie.

    Le couvain est toujours situé sur la portion inférieure du rayon à couvain. Le pollen est stocké autour des parois et des bords supérieurs du secteur de ponte, et on trouve le miel le long du côté supérieur du rayon. La couche de miel au-dessus sert à isoler la chambre de ponte.

    L'inspection d'une ruche

    1) Approchez de la ruche par derrière ou de ce cote. Enfumez l'entrée et attendez 30 secondes.
    2) Soulevez la couvercle et envoyez davantage de fumée sur les barres supérieurs.
    3) Enlevez une barre supérieure vide. Envoyez de la fumée dans l'espace vide au fur et à mesure que vous enlevez la barre.
    4) Abaissez les barres supérieurs jusqu'à ce que vous atteignez le nid du couvain. Envoyez la fumée dans l'espace vide régulièrement pour contrôler les abeilles, mais n'en utilisez pas trop. Trop de fumée peut pousser les abeilles à déserter.
    5) Enlevez les rayons à couvain un à un pour les inspecter. Faites attention de ne pas les tourner sur le cote car ils peuvent se casser mais on peut les mettre à l'envers.
    6) Apres avoir inspecté la colonie, remettez les barres à leur place d'origine et fermez la ruche.

    Une bonne reproductrice pond selon un schéma bien serré. Elle pond un oeuf par cellule et pond dans toutes les cellules. Une fois qu'elle commence à pondre dans un rayon, elle se déplace vers l'extérieur du rayon en pondant ses oeufs tout autour de la partie contenant le couvain en développement. Quand les adultes émergent de la partie centrale, elle retourne dans cet endroit du rayon et commence à pondre en allant vers l'extérieur au fur et à mesure que les cellules se vident quand les adultes émergent. Donc, un bon schéma de ponte a la forme de cercles concentriques dont les anneaux sont composés de couvain du même âge.
    Couvain operculé et non operculé

    Le schéma d'un mauvais couvain est tacheté
    Si la reine faillit, si une maladie du couvain est présente ou si ce sont les ouvrières qui pondent, le schéma de ponte se présentera sous forme de tâches - de nombreuses cellules seront vides dans le secteur de ponte. Des gouttes de nectar ou de pollen rapporté peuvent aussi provoquer un schéma tacheté mais cela a seulement un effet à court terme. S'il y a présence d'une maladie du couvain (voir chapitre 9), certaines cellules peuvent contenir les restes du couvain en décomposition.

    Une reine âgée ou qui faillit pond des oeufs qui n'éclosent pas ou qui ne sont pas fécondés (donc ils produisent des faux-bourdons). La colonie la remplacera éventuellement, mais vous devez la remplacer dès que vous remarquez sa condition car ainsi la colonie aura une jeune reine plus tôt. Vous pouvez remplacer la reine de la colonie en tuant la vieille reine et en laissant la colonie en élever une autre, ou en introduisant une alvéole royale après avoir tué la vieille reine et en laissant la colonie sans reine pendant un jour. Si vous laissez le soin à la colonie d'élever une nouvelle reine, ajoutez un rayon à couvain contenant des oeufs et de jeunes larves mais pas d'adultes provenant d'une autre colonie, de cette façon vous vous assurez que la colonie orpheline a des larves d'ouvrières, ayant l'âge approprié pour élever des reines.

    On trouve normalement la reine dans les rayons qui contiennent le couvain. Certaines variétés d'abeilles sont "coureuses"; elles ont tendance à sortir en courant du rayon lorsque la colonie est dérangée. Avec des abeilles coureuses, il est très difficile de trouver la reine. Toutefois, il n'est pas nécessaire de trouver la reine chaque fois que la ruche est inspectée. Si les oeufs sont présents et suivent un schéma concentré, la présence d'une bonne reine est vérifiée.

    Si la colonie est orpheline depuis longtemps, les ouvrières vont commencer à pondre des oeufs. Puisque les oeufs ne sont pas fécondés, ils produiront toujours des faux-bourdons.

    Un schéma de ponte qui présente des tâches et des cellules d'ouvrières fermées d'un opercule en forme de dôme sont des signes d'ouvrières pondeuses. De nombreux oeufs de tailles différentes placés au hasard dans une cellule est une autre caractéristique d'ouvrières pondeuses (voir chapitre 3).

    Une colonie avec des ouvrières pondeuses est dans une situation désespérée; puisqu'elle ne produit que des faux-bourdons, la colonie va s'étioler et finir par s'éteindre complètement. Dès que la colonie perçoit qu'elle a une reine, elle n'essaiera pas d'élever une reine à partir de jeunes larves d'une autre colonie, pas plus qu'elle n'acceptera les alvéoles royales d'une autre colonie.

    Quand vous trouvez une colonie avec des ouvrières pondeuses, mélangez-la avec une colonie forte qui possède une reine. Les ouvrières de la colonie forte prendront soin des ouvrières pondeuses.


    La condition d'une colonie peut être indiquée par une pierre située sur le dessus de la ruche.

    La présence de magasins adéquats est une autre chose importante à vérifier quand vous inspectez la colonie. Il doit y avoir au moins un rayon contenant du miel de chaque côté de la chambre de ponte. Si la colonie n'a pas assez de magasins à miel, ajoutez des rayons (sans les abeilles) provenant de colonies plus fortes, ou si la colonie est faible mélangez-la avec une autre colonie.

    Le maintien de registres d'inspection des ruches aide à suivre les progrès de la colonie et à préparer les futures tâches à accomplir dans le rucher. On peut garder de simples enregistrements par écrit ou utiliser la position d'une pierre ou d'un morceau de bois pour indiquer la condition de la colonie ou ses besoins.

     


    Plans de ruches

    Ruche a barres supérieures du Kenya (= Kenya Top Bar Hive = KTBH)
    Dimensions en cm, basées sur des planches de 1,9 cm d'épaisseur


    Guide de démarrage pour les barres supérieures

    Un guide de démarrage en cire sur les barres supérieures est important pour que les abeilles construisent les rayons centrés sur la barre. Il y a deux façons de faire un guide de démarrage :

    1) Versez un ligne de cire fondue le long du centre de la barre supérieure. Vous pouvez aussi coller de la cire ramollie sur la barre.

    2) Creusez une rainure dans le centre de la barre supérieure et placez-y la bande de démarrage. Attachez la bande avec de la cire ramollie ou fondue


    barre supérieure avec une rainure
    (vue latérale)


    barre supérieure avec une bande de démarrage
    (vue en longueur)


    Ruche de Langstroth à dix cadres (toutes les mesures sont en cm, en utilisant du bois de 1,9 cm)

    Note : ne pas peindre l'intérieur de la ruche.


    Cadre pour le corps d'une ruche Langstroth (toutes les mesures sont en cm)

    Note : la profondeur dans son ensemble pour un cadre de Langstroth est de 23,5 cm. La profondeur dans son ensemble pour un cadre peu profond est de 15,9 cm


    Ruche d'observation
    (dimensions en cm, basées sur des planches de 1,9 cm d'épaisseur)

    Ruche d'observation (base sur du bois de 1,9 cm, toutes les mesures sont en cm) Le corps de la ruche peut être recouvert d'un couvercle avant les mêmes dimensions que le fond, ou on peut empiler plusieurs corps de ruche. N'oubliez pas de laisser un espace à abeille autour du cadre.

    On utilise du fil de fer dans les cadres pour renforcer :

     

     

     

     

    Enfoncez le fil de fer dans la fondation du rayon avec le coin d'une pièce de monnaie :

    Plans de matériel

    Extracteurs manuels

    Enlevez les opercules des alvéoles avant d'extraire le cadre de miel. Extrayez partiellement le miel d'un côté du rayon; puis tournez le cadre et procédez à l'extraction de l'autre côté. Tournez le cadre à nouveau et finissez d'extraire le rayon. Ceci minimise la casse du rayon car cela empêche le poids du côté plein du rayon de miel d'appuyer contre le côté vide.

    Détails de la cage


    Vue d'en haut de la cage


    Extracteur de miel manuel


    Simple enfumoir


    Voile


    Cérificateur solaire

    Formule liquide de mouillage :

    Un mélange d'eau de pluie (ou eau distillée) + détergent + miel + alcool.
    Note : les sels minéraux de l'eau normale font coller la cire.


    Fabrication de feuilles lisses avec une planchette


    1) Utilisez une planche en bois dur, lisse.

    2) Mouillez la planche avec le liquide de mouillage.

    3) Plongez la planche dans la cire chaude. Pour obtenir des bandes plus épaisses, plongez-la plusieurs fois de suite.

    4) Quand la cire durcit, décollez-la de la planche, taillez-la et coupez-la en bandes de 2 cm.

    Comment fabriquer un moule pour la fabrication de feuilles de cire gaufrée

    1) placez un cadre contenant une feuille de cire gaufrée sur la planche.
    2) Enduisez la feuille d'huile végétale.
    3) Faites couler du plâtre de Paris dessus, et laissez durcir.
    4) Retournez et faites l'autre côté.
    5) Quand les moules sont durs, séparez-les soigneusement. Construisez un cadre (boîte) à charnières pour y garder les moules.

    Comment fabriquer des feuilles de cire gaufrée

    1) Brossez le moule avec le liquide de mouillage.
    2) Versez la cire fondue au centre du moule.
    3) Enlevez la feuille de cire, rincez-la à l'eau froide et taillez-la.

    Notes : faites fondre la cire au bain marie. La cire est inflammable. Ne laissez pas la cire bouillir, cela la rendrait cassante.


    Comment faire un essaim artificiel
    1) Faites une planche d'essaimage.
    2) Trouvez la reine de la colonie et mettez-la en cage. Attachez la reine en cage au grillage de la planche d'essaimage.
    3) Enlevez les rayons (soit sur les barres supérieures, soit sur les cadres) de la ruche, et secouez ou poussez toutes les abeilles des rayons dans la ruche. Gardez ces rayons de côté dans une boîte vide fermée.
    4) Placez la planche d'essaimage avec la reine sur les abeilles relâchées. Au bout de quelques minutes, elles vont former un essaim autour de la reine.
    5) Vous pouvez suspendre l'essaim pour le surveiller.
    6) Pour remettre l'essaim dans la ruche, secouez-le au-dessus d'un chiffon ou d'un papier journal devant une ruche dans laquelle vous avez placé le rayon. Relâchez la reine à l'intérieur de la ruche.




    Le démarrage - Les abeilles


    Les ruches à rayons mobiles ont probablement été utilisées à l'origine par les grecs de l'antiquité. Les ruches qui ressemblent le plus à celles qu'utilisait Aristote pour ses abeilles peuvent se trouver dans les régions rurales de Grèce aujourd'hui. Ces ruches sont faites avec des paniers aux parois en forme de cône qui sont quelquefois enduits de boue. Des barres supérieures coupées selon la largeur pour fournir un espace à abeille entre les rayons sont placées en travers de l'ouverture supérieure du panier.

    De telles ruches sont les ancêtres de la ruche à cadres mobiles. Ce sont aussi les ancêtres des ruches de technologie intermédiaire qui ont été développées ces dernières années pour être utilisées dans les programmes de développement apicole dans des régions où le matériel à cadres n'est pas économique.



    Les abeilles construisent généralement leurs nids dans une cavité, en reliant les rayons à la partie supérieure. Les emplacements des nids ou ruches des colonies redevenues sauvages sont souvent inaccessibles aux personnes qui veulent recueillir le miel. Même si la colonie est accessible, il est en général nécessaire de détruire à la fois la cavité et les rayons pour récolter les produits de la ruche.

    l'apiculture implique la gestion de la colonie d'abeilles. La gestion on de la ruche elle-même est basée sur la manipulation des rayons afin d'inspecter la condition de la colonie ou d'ajuster l'espace qui lui est nécessaire. Donc, un système pratique permettant d'enlever les rayons et de les remettre en place facilement sans les détruire est une condition préalable à l'apiculture.

    Une compréhension de "l'espace à abeille" permet la construction de ruches facilitant l'enlèvement et la remise en place des rayons. Ceci permet également la construction de ruches avec une chambre de ponte et un magasin à miel séparés, ce qui permet d'accéder à chaque secteur séparément.

    Les opercules des alvéoles des ouvrières sont opaques et plats. L'abeille adulte émerge de sa cellule 21 jours après la pondaison de l'oeuf.

    La période de développement des faux-bourdons est de 23 jours. Les faux-bourdons sont élevés dans des alvéoles ayant la même forme que celles des ouvrières en plus grand. Les alvéoles des faux-bourdons sont scellées avec des opercules en forme de dôme.

    Le tableau suivant résume les périodes de développement, à partir du moment où l'oeuf est pondu. Les chiffres donnés peuvent varier d'un jour environ, selon le type (espèce et/ou variété) de l'abeille, les conditions météorologiques, ou l'époque de l'année.

    Etapes de développement (jours) Ouvrière Reine Faux-bourdon
    oeuf éclot au bout de 3 3 3
    alvéole operculée au but de 9 8 10
    adulte émerge au bout de 21 16 24

    La reine est la seule femelle complètement développée sexuellement. C'est la conséquence d'un régime total à la gelée royale pendant la période de développement. On la reconnaît à son apparence mince et élancée due au développement complet des ovaires dans son abdomen. Elle a un aiguillon sans barbes. Dans la colonie, elle se trouve dans la région de la chambre de ponte.

    Approximativement cinq jours après avoir émergé de sa cellule, la reine vierge commence à faire une série de vols nuptiaux. Elle entreprend un certain nombre de ces vols pendant une période allant de deux à trois jours et peut s'accoupler avec dix mâles différents ou plus. Le sperme est stocké dans un organe spécial, la spermathèque, et la reine ne s'accouple plus jamais après cette période.

    Environ cinq jours après avoir entrepris ses vols nuptiaux, la reine commence à pondre. Pendant les périodes favorables une bonne reproductrice peut pondre plus de 1500 oeufs par jour. Les facteurs ayant des répercussions sur la ponte des oeufs sont le temps, les productions de nectar et de pollen, la taille de la reine, et la condition de la colonie. Le nombre d'oeufs pondus varie avec le cycle annuel au fur et à mesure que les ressources de pollen et de nectar disponibles varient. L'arrivée d' importantes quantités de ressources pousse les ouvrières à donner davantage de nourriture à la reine, qui à son tour est encouragée à pondre encore plus.

    Quelques-unes des glandes de la reine produisent un ensemble de composés appelé la substance de la reine. Elle est distribuée dans toute la colonie par les ouvrières qui s'occupent de la reine et qui la passent à d'autres ouvrières.

    La substance de la reine est un mélange de phéromones, des composés chimiques qui servent à contrôler le comportement d'autres individus de la même espèce. Les phéromones produites par la reine et par les autres individus de la colonie servent à harmoniser le comportement de la colonie.

    Normalement, il n'y a qu'une reine par colonie, bien que parfois deux reines soient présentes lorsque la vieille reine va être remplacée.

    La reine peut vivre jusqu'à l'âge de quatre ans, mais sous les tropiques où la période annuelle de ponte est plus longue, la reine ne vit pas aussi longtemps. Les reines âgées n'ont pas la capacité de ponte des jeunes, c'est pourquoi les apiculteurs préfèrent les jeunes reines, pleines de vigueur. Dans les exploitations apicoles intensives, les reines sont remplacées environ tous les deux ans.


    Ouvrière

    Reine

    Faux-bourdon




    L'intérêt porté aux abeilles commença avec la chasse et la prise de colonies sauvages vivant dans de profondes cavités au creux des arbres ou des rochers. Jusqu'au raffinage de la canne à sucre mis au point au cours du XIXème siècle, le miel était le seul agent édulcorant largement disponible. Il était prisé non seulement en tant qu'aliment, mais aussi pour ses utilisations dans la médecine populaire.

    Les gens ont observé et étudié les abeilles dans le but d'augmenter la production de la ruche et de faciliter la récolte de ses produits. Les abeilles ont aussi intrigué un grand nombre de gens à cause de leur nature extrêmement sociable. On a souvent établi des analogies entre la sociabilité des abeilles et celle des hommes.

    L'accumulation de connaissances que l'on possède sur les abeilles permet à l'apiculteur moderne de les manier. Il peut récolter les produits de la ruche avec beaucoup plus de facilité et d'efficacité que le chasseur de miel ou le ramasseur.

    Bien que les hommes aient beaucoup appris sur les abeilles et sur la façon de les élever, 1 'abeille elle-même n'a pas changé. Contrairement à la plupart des animaux et des plantes utilisés dans l'agriculture, la mouche à miel d'aujourd'hui est la même qu'il y a des milliers d'années. En bref, les hommes n'ont pas domestiqué l'abeille.

    L'abeille est encore essentiellement un animal sauvage. Les gens peuvent élever les abeilles et les manier pour augmenter la production mais le contrôle des abeilles dans le domaine de la génétique et du comportement n'a pas atteint le même degré qu'avec les animaux et les plantes domestiqués.


     

    Pour r�colter le miel, l’apiculteur sort les cadres de la ruche. Puis, avec un couteau, il enl�ve l’opercule de cire que les abeilles avaient mis pour fermer les alv�oles . Il place ensuite les cadres dans l’extracteur, appel� centrifugeuse. Cet appareil tourne � grande vitesse et le miel projet� hors des cadres s’�coule par un robinet . L’apiculteur le passe ensuite � travers une grille avant de le mettre dans des pots . Dans une ruche, on r�colte environ 20 kg de miel par an .

    Il existe de nombreuses sortes de miel . L’odeur, la couleur, le go�t , la fluidit� du miel varient selon les plantes butin�es . Certains miels sont toujours liquides, le miel d’acacia par exemple, d’autres durcissent avec le temps.

    A partir, du miel on fabrique �galement une boisson l’hydromel qui fut certainement le premier breuvage alcoolis� de l’humanit�.

    Il existe d’autres produits d�riv�s du miel : les bonbons au miel, le pain d’�pice, le nougat.

    LES ABEILLES ET LES HOMMES

    Depuis toujours les hommes appr�cient les produits des abeilles .

    Les peintures pr�historiques d�couvertes dans les grottes d’Espagne montrent des chasseurs de miel . Ces gravures datent de 7000 ans av J.C. Les abeilles sont vite consid�r�es comme des messag�res des dieux .

    Toutes les civilisations ont accord� une place privil�gi�e aux abeilles et des vertus m�dicales � leurs produits.

    Pour les celtes comme pour les Egyptiens et les Grecs, l’hydromel est le liqueur de l’immortalit�. Repr�sent�es sur les tombeaux, les abeilles annoncent la survie apr�s la mort : en effet elles donnent l’impression de dispara�tre en hiver pour rena�tre au printemps .

     
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