BEES - Hamzaoui 45100
  Attraper un essaim
 

On ne devient pas apiculteur par hasard. C’est une démarche réfléchie car cela nécessite de posséder des connaissances et des compétences qui ne sont pas intrinsèques chez l’Homme et l’abeille étant “piquante”, mieux vaut prévenir que guérir.

Je me souviens qu’a partir du moment où j’ai décidé de faire de devenir apiculteur, j’ai eu des difficultés pour obtenir des informations.

Les apiculteurs que je connaissais étaient de la vieille école, quasi autodidactes ou transmission familiale, et sans aucune documentation théorique autre que des vieilles revues datant de 15 ans.

L’apiculture sur Internet était inexistante à l’époque, et l’information apicole ne paraissait pas dans les médias…

Lorsque j’ai rencontré le Syndicat des Apiculteurs du Val d’Essonne, cela m’a permis d’acquérir des compétences pratiques au travers de la conduite du rucher école avec les autres élèves. Egalement, j’ai connu les revues apicoles françaises auxquelles je me suis abonné.

Les discutions et échanges avec d’autres apiculteurs d’expériences et d’âges variés m’ont permis de comprendre beaucoup de chose et de m’apercevoir qu’on apprend à tout âge et que l’échange intergénérationnel est très enrichissant.

Ainsi, je me suis empressé de lire nombres de références conseillées.

Je pense qu’avant de commencer des cours pratiques, il est important d’acquérir un bagage théorique au travers de livres. Je vous livre les références des livres que je considère comme important pour la constitution de se savoir apicole.

Vous pourrez trouver ces références sur les sites suivants :

http://www.apiculture.com/unaf/livres_unaf.pdf

http://www.apiculture.com/abeille-de-france/index.htm?../sna/livres.htm&1

http://www.apiculture.com/goodies/books.htm

Attraper un essaim :

 

Je n’aborde ici que le cas des essaims à l’air libre, c’est à dire pas dans un mur, une cheminée, ou autre tronc d’arbre ou tas de bois. L’essaim installé entre une fenêtre et un volet peut être capturé en utilisant la méthode que je décris. Si l’essaim a bâti des rayons de cire et que la reine y a pondu, le comportement des abeilles sera celui qu’elles auraient dans une ruche; ce qui ne rend pas la tache impossible mais nécessite plus de matériel, de préparation, d’expérience et de motivation.

 

L'objectif est de mettre l'essaim dans un contenant.

Ce contenant doit permettre une aération car les abeilles ont besoin de respirer et de se refroidir. En effet, la température d'une ruchette fermée augmente très rapidement et sans aération, on arrive rapidement à l'étouffement. Ce contenant doit pouvoir être fermé, pour transporter l'essaim.(tout en maintenant une possibilité d'aération). Pour ma part, j'utilise des ruchettes de 4, 5 ou 6 cadres, ou directement des ruches pour les très gros essaims. Mais dans l’absolu un simple carton suffit, c’est juste une question de feelling.

 

Pour attraper un essaim, il faut avoir un minimum de connaissance du comportement de l'abeille.

Avant de quitter sa ruche, un essaim fait quelque provision. Ainsi, de nombreuses abeilles de l'essaim se sont gorgées de miel avant de quitter leur ruche d'origine. Cette réserve de miel équivaudrait à peu près à 3 jours d'autonomie. Les essaims sont moins belliqueux car ils n'ont pas grand chose à défendre (pas de miel, pas de cire, pas de couvain). Un tempérament belliqueux ne lui faciliterait pas la vie car les abeilles ayant piqués meurent sans être utiles à la future colonie. Or l'essaim partant de rien, a besoin de tout reconstruire et pour cela de tout le dynamisme de toutes les abeilles qui le compose. D'ailleurs une ruche qui se prépare à l'essaimage voit son activité baisser; les abeilles s'économisent en prévision du surccrois de travail qu'elles vont devoir mettre en oeuvre. Il est assez rare de voir un essaim agressif, et cela peu être le signe qu'il a un problème, ou qu'il est en fin de réserve de miel. Les abeilles étant moins gorgées de miel, sont susceptibles de piquer plus facilement.

 

L'essaim doit tout reconstruire. Pour cela il lui faut produire de la cire. Pour produire 1 kg de cire, les abeilles doivent produire puis consommer 8 à 10 kg de miel qui seront transformés en cire par les jeunes abeilles cirières. Sans cire, la reine ne peut pas pondre et la colonie est vouée à disparaître.

 

Pour cette raison, lorsque vous apportez une ruchette avec 5 ou 6 cadres, vous leur offrez un capital de démarrage non négligeable; en effet, chaque feuille de cire pèse 100 g. Si vous apportez de la cire bâtie, vous leur facilitez encore mieux le travail. L'idéal étant des cadres déjà battis, contenant un peu de miel et de pollen. Ainsi, la reine se remet à pondre très rapidement.

 

Personnellement, pour capturer un essaim, je met dans la ruchette un vieux cadre avec de la cire noire en bord de ruchette (rive), puis tous les autres cadres en cire neuve non bâtie. La cire noire attire bien les essaims. Par la suite, lorsque la colonie sera transférée dans une ruche, ce cadre de cire noire se retrouve en rive, et il est aisé de le retirer pour le remplacer par un cadre moins vieux ou en cire neuve. Au pire des cas il sera récupéré le printemps prochain lors du renouvellement des cires.

 

L'opération consiste à positionner la ruchette sous l'essaim, le plus proche possible. L'idéal étant que la grappe soit en contact avec le haut des cadres de la ruchette. Ensuite, lorsque c'est possible, il faut faire en sorte que la grappe se détache de la branche pour entrer dans la ruchette. Parfois la grappe en contact avec les cadres, va d'elle même dans la ruchette. D'autres fois il faut les aider en donnant un coup sec sur la branche à laquelle est suspendue l'essaim, ce qui fait tomber la grappe sur les hauts des cadres, et les abeilles rentrent progressivement dans la ruchette. Lorsqu'on est trop loin de la grappe, on peut prendre des paquets d'abeille de la grappe (avec des gants ou une pelle à poussière), et les déposer sur le haut des cadres de la ruchette. Les abeilles visitent, puis assez rapidement, un certain nombre d'entre-elles battent le rappel et incitent les autres à les rejoindre. Les abeilles d'un essaim s’orientent beaucoup au bruit, donc tant qu'il n'y a pas 80 % des abeilles dans la ruchette, il faut laisser le toit ouvert. Lorsque la majorité des abeilles est entrée, on peut fermer le toit afin de les inciter à passer par l'entrée "officielle", et guider à la fumée celles qui sont sur les parois, et celles qui sont restées sur la branche. Sur la branche il y a parfois des début de construction en cire blanche; il est souhaitable de les détruire, de les enfumer, de mettre de l'eau dessus afin que les abeilles ne soient plus attirées par l'odeur, pour qu'elle aillent rejoindre la majorité de la grappe, dans la ruchette. Plus on met d'abeilles dans la ruchette plus le succès est assuré. Globalement, jusque là il faut compter 1 heure.

 

Selon si l'essaim est dans un lieu public avec beaucoup de passage, ou chez un particulier, vous pouvez laisser la ruchette et revenir la chercher à la nuit tombée. Dans le cas d'un lieu public, il faut emmener la ruchette. Donc dès que vous avez 90-95 % des abeilles et que la situation n'évolue plus beaucoup, vous fermez l'entrée de la ruchette et vous emmenez tout ça sur votre rucher. Les abeilles restantes retourneront à leur ruche d'origine. Les abeilles qui sont sur la ruchette y restent en général. Pour les transports en voiture, vous devez faire en sorte que la ruchette reste stable, ne soit pas secouée... Lorsque je les transporte sur le siège passager, je leur mets la ceinture.

Rendu sur vore rucher, vous pouvez regrouper l’essaim pour renforcer une colonie ou le faire se développer pour augmenter votre cheptel. Si vous souhaitez faire se développer cette colonie il faudra la suivre et la nourrir si l’apport naturel de nectar n’est pas suffisant. Par exemple, si vous donnez des cires à bâtir, il est conseillé de nourrir, les cires seront batties plus rapidement.

 
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